Je n'avais presque jamais tenu un bébé entre mes bras, mais je comprenais les pères, capables de rester des nuits à porter un enfant contre leur sein. Je comprenais cet incroyable sentiment de responsabilité qui imposait de ne rien faire, d'attendre, statufié pour l'éternité. Qu'être là suffisait.

À lire aussi de Michel Bussi

— Et l'astéroïde 612, dans tout ça ? - \r\n— C'est l'endroit où habite le Petit Prince. Lorsque l'auteur, Saint-Exupéry, est triste, il lui suffit de regarder le ciel pour se souvenir de cet ami qui est retourné vivre sur son étoile. Vous voyez, c'est à la fois triste et gai ... Cette idée qu'il existe une étoile qui correspond à chaque personne disparue.
Pour vivre avec un traumatisme, il faut l'affronter, le verbaliser, l'accepter.
Tout le monde se fout d'un vieux ou d'une vieille qui meurt. A tout prendre, pour être pleuré, mieux vaut crever jeune, en pleine gloire
Des milliers d'étoiles dans le ciel, <br< Des milliers de fleurs au jardin, <br< Des milliers d'abeilles sur les fleurs, <br< Des milliers de coquillages sur les plages, <br< Et seulement, seulement une maman.
Elle considérait l'amour comme une arnaque pour les gogos, exactement comme les tickets de la Française des Jeux qu'elle vendait aux clients. On ne gagnait jamais, ou alors des petites sommes, juste assez pour vous inciter à rejouer, à y croire, jamais la cagnotte qui vous mettrait à l'abri jusqu'à la tombe.
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Dans la même œuvre

Dans votre vie, vous ne rencontrez pas plus de dieu vicieux que de prof qui vous prend comme bouc émissaire. Les dieux, comme les profs, s'en foutent de vous. Vous n'existez pas pour eux. Vous êtes tout seul. Pour que la pièce retombe un jour de votre côté, il faut juste jouer, souvent, beaucoup, recommencer toujours. Insister.
Longtemps je n'ai pas eu de chance. À force que le hasard retombe toujours du même côté, jamais du mien, j'en suis venu à imaginer la vie comme une sorte de gigantesque conspiration, uniquement composée de membres ayant prêté serment de se liguer contre moi.
Je comprenais maintenant ces innocents qui avouent aux flics un crime qu'ils n'ont pas commis, après des nuits de garde à vue, après des heures d'arguments, d'hypothèses et de preuves assénés par l'accusation. Ces innocents qui finissent par croire à la vérité énoncée par d'autres, qui en viennent à douter de leurs propres certitudes, celles qu'ils possédaient en entrant dans le bureau du juge.
Il avait l'allure d'un flic au bord de la retraite depuis toujours, comme sorti tout droit d'un film d'Olivier Marchal. Le blouson ouvert sur un torse large et un ventre épais. Une gueule surtout. Des cheveux gris mi-longs, raides, tirés à l'arrière jusqu'au bas du cou, libérant un grand front plissé de rides. Genre Marlon Brando sur la fin.
Les histoires d'amour finissent mal, pensa stupidement Bastinet. En général.