Tout s'est perfectionné depuis Homère, à l'exception de la poésie.
La vieillesse est le pire des maux, car elle prive l'homme de tous les plaisirs en lui en laissant l'appétit.
Le grand souci (ou ambition) des hommes, tant qu'ils ne sont pas mûrs, est de paraître des hommes faits, et quand ils sont des hommes faits, de ne pas paraître des hommes mûrs.
Deux vérités que d'ordinaire les hommes n'admettent pas : l'une est qu'ils ne savent rien ; l'autre qu'ils ne sont rien. Ajoutez-en une troisième, intimement liée à la précédente : qu'ils n'ont rien à espérer après la mort.
L'existence n'est pas pour l'existant, elle n'a pas pour fin l'existant ni son bien ; si celui-ci y éprouve quelque bien, c'est pur hasard : l'existence est pour l'existence, tout entier pour l'existence ; telle est sa pure fin réelle.
L'homme (et de même les autres êtres animés) ne naît pas pour jouir de la vie, mais seulement pour perpétuer la vie, pour la communiquer à d'autres qui lui succèdent, pour la conserver.
Toute la nature, l'ordre éternel des choses, n'est en rien ordonné au bonheur des êtres sensibles ou des animaux. Il y est même opposé.
Tout le monde a éprouvé du plaisir ou en éprouvera, mais personne n'en éprouve. Tout le monde a joui ou jouira, mais personne ne jouit.