Toute la nature, l'ordre éternel des choses, n'est en rien ordonné au bonheur des êtres sensibles ou des animaux. Il y est même opposé.

À lire aussi de Giacomo, comte Leopardi

Presque tous les plaisirs de l'imagination et du sentiment tiennent dans le souvenir. Ce qui revient à dire qu'il relèvent du passé plutôt que du présent.
Le plaisir est toujours passé ou futur, jamais présent, de la même façon que le bonheur appartient toujours à autrui, jamais à personne, c'est-à-dire est toujours conditionné et n'est jamais absolu.
Les dieux n'aiment pas celui qui, se faisant violence, force les portes du Tartare. Ils ne trouveraient pas un semblable courage dans la mollesse de leurs coeurs éternels.
On n'en finirait pas de dresser la liste des illusions et des absurdités qui sont tenues pour vraies par les hommes les plus sensés, chaque fois que l'esprit ne peut venir à bout d'une contradiction qui le tourmente.
L'idée que se fait l'artiste de son art ou le savant de la science croît toujours en raison inverse du sentiment qu'ils ont de leur propre valeur.
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Dans la même œuvre

Tout s'est perfectionné depuis Homère, à l'exception de la poésie.
La vieillesse est le pire des maux, car elle prive l'homme de tous les plaisirs en lui en laissant l'appétit.
Le grand souci (ou ambition) des hommes, tant qu'ils ne sont pas mûrs, est de paraître des hommes faits, et quand ils sont des hommes faits, de ne pas paraître des hommes mûrs.
Deux vérités que d'ordinaire les hommes n'admettent pas : l'une est qu'ils ne savent rien ; l'autre qu'ils ne sont rien. Ajoutez-en une troisième, intimement liée à la précédente : qu'ils n'ont rien à espérer après la mort.
L'existence n'est pas pour l'existant, elle n'a pas pour fin l'existant ni son bien ; si celui-ci y éprouve quelque bien, c'est pur hasard : l'existence est pour l'existence, tout entier pour l'existence ; telle est sa pure fin réelle.