Œuvre

Une vieille maîtresse (1851)

Les passions font moins de mal que l'ennui, car les passions tendent toujours à diminuer tandis que l'ennui tend toujours à s'accroître.
Son ondoyante taille profilait d'alliciantes ombres sur les draperies qu'elle éclairait en passant.
Je n'ai pas besoin des sourires noyés d'Hermangarde, de cette bonne pâleur que le bonheur étend sur les joues des femmes dont le coeur est plein ... pour m'attester qu'elle est admirablement aimée.
Je tremblais qu'elle ne tuât l'amour dont j'étais altéré encore.
Enfin, vous voilà! lui dit-elle, et ne voulant pas faire de cet enfin un reproche, elle ajouta ... «je vous attendais pour le thé».
Je lui ai dit quel rang vous teniez dans la fashion parisienne.
Mes élégants amis, qui jetaient toujours un peu leurs maîtresses par les fenêtres quand ils en étaient dégoûtés.
La mer montait toujours et le havre, submergé, se confondait dans la nappe d'eau verte qui gagnait au loin, frangée d'écume, le long des grèves.
On y alimente ses rêveries en entendant le grillon - cette cigale de l'âtre de l'homme, - qui chante dans la cendre chaude, comme la cigale de l'été chante dans les blés brûlés de soleil.
O puissance de la vie intime, magie d'être ensemble, influence du rapprochement des coeurs qui s'aiment, dans les quatre pas d'un salon!
Le passé, cette nostalgie du temps, comme le mal du pays est la nostalgie de l'espace.
Jamais le souvenir de l'amour n'avait plus ressemblé à l'amour de toutes les réalités de l'existence, la plus puissante, c'est la chimère du passé.
Les passions, pensait-elle, font moins de mal que l'ennui car les passions tendent à diminuer, tandis que l'ennui tend toujours à s'accroître.