Œuvre
Syngué sabour. Pierre de patience (2008)
Loin, quelque part dans la ville, l'explosion d'une bombe. Violente, elle détruit peu-être quelques maisons, quelques rêves.
Un sourire. Un sourire jaune et court qui remplace millet et un mots pour exprimer ses regrets.
Cette pierre que tu poses devant toi... devant laquelle tu te lamentes sur tous tes malheurs, toutes tes misères... à qui tu confies tout ce que tu as sur le coeur et que tu n'oses pas révéler aux autres... Tu lui parles, tu lui parles. Et la pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. Elle tombe en miettes. Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines... Comment appelle-t-on cette pierre ?
Vous les hommes quand vous avez des armes vous oubliez vos femmes
Je n'ai jamais compris pourquoi chez vous, les hommes, la fierté était tant liée au sang.
La pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. […] Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines.
Il ne faut jamais compter sur celui qui connaît le plaisir des armes
Vous les hommes, vous jouissez, et nous les femmes, nous nous en réjouissons
Ceux qui ne savent pas faire l'amour font la guerre
Cette voix qui émerge de ma gorge, c'est la voix enfouie depuis des milliers d'années.
Tu connais ce genre de peur qui ne t'éloigne pas de ton désir, au contraire, ça t'excite, ça te donne des ailes, même si ça peut te brûler.
Qui étais-tu vraiment ? Personne ne savait. Pour nous tous, tu n'étais qu'un nom: le Héros! Et, comme tous les héros, absent !
Le soleil se couche. Les armes se réveillent. Ce soir encore on détruit. Ce soir encore on tue. Le matin. Il pleut. Il pleut sur la ville et ses ruines.
Du corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu'au corps.
L'homme ne rit pas, cependant il a l'air de quelqu'un qui réfrène son rire. Cela lui donne une mine étrange, celle d'un homme qui, de l'intérieur, se moque de celui qui le regarde.
Tu me connais... mes souvenirs m'attaquent toujours là où je ne les attends pas. Ou quand je ne les attends plus. Quoi que je fasse, ils m'assaillent. Les bons ou les mauvais. Ça crée des moments risibles.
Mes souvenirs m'attaquent toujours là où je ne les attends pas. Ou quand je ne les attends plus.
Quand c'est dur d'être femme, ça devient dur aussi d'être homme !
Au-dehors, quelque part, pas très loin, quelqu'un tire une balle. Un autre, plus proche, riposte. Le premier tire une deuxième balle. L'autre ne répond plus.
Tu ne souffre même pas. … Même blessé, tu es épargné par la souffrance. … Et c'est à moi d'en pâtir ! c'est à moi d'en pleurer !