Œuvre
Presque rien sur presque tout (1996)
Les hommes ont beaucoup changé depuis quelques millions d'années. Ils changeront encore bien davantage dans les millions d'années à venir. Ils ont mis le pied sur la Lune. On ne les arrêtera plus.
Les hommes sont un peu comme Dieu: tout ce qu'ils peuvent faire, ils le font. Ou ils le feront.
Avant le tout, il n'y avait rien. Après le tout, qu'y aura-t-il ?
Nous sommes un très petit, un minuscule fragment du tout. Mais que serait le tout sans les hommes ?
Où est l'avenir ? Question absurde. Nulle part.
L'air n'est pas, comme l'espace, comme la lumière, comme le feu, un instrument de l'infini, un outil du démiurge : c'est une poussière de rien du tout qui, à force de se glisser dans nos poumons, a su se rendre indispensable.
Ainsi, la pensée n'en finit pas d'avancer et de se contredire. Elle n'est jamais en repos. La pensée est ouverte sur le tout, le tout s'offre à la pensée.
L'ambiguïté du bien et du mal est cachée dans le rire comme elle est cachée dans les mots. Dans le silence et dans la parole, l'homme est capable de rire parce qu'il est capable de penser.
Si l'avenir n'était pas espérance, le monde serait un enfer.
L'amour est partout. L'amour est tout.
Le rêve de tout amour est de mourir pour ce qu'il aime.
Nous avançons, vous et moi, les yeux bandés dans le noir.
La vie n'est qu'une suite de commencements, indéfinis dans le temps. Et le deuxième, le troisième, le centième recommencement, et le cent millionième renvoient au premier et au seul commencement : celui où le tout se dégage du néant.
Voilà ce que je suis, un miracle. A des milliards et des milliards d'exemplaires.