Œuvre

Noires blessures (2011)

Comme si l'enfance était ce lieu unique qui ne se brouille que pour mieux s'imprégner dans la mémoire, façonner les faits et gestes du présent.
Pourquoi mettre au monde un enfant si c'est pour ensuite le laisser seul ? Si on n'est pas foutu d'être là pour le guider sur la grand-route de la vie ? Le voir grandir, mettre ses pas dans les siens, devenir à son tour un homme ?
Nul homme n'est une île, un tout complet en soi ; chaque homme est un morceau du continent, une part de l'ensemble.
La mort de tout homme me diminue, parce que j'appartiens au genre humain. Aussi n‘envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi.
Aux yeux des parents, des mères en particulier, les enfants ne grandissent jamais. Peut-être est-ce pour ne pas voir les stigmates sur leur propre visage.
Elle ignorait, comme le macaque du conte, que la calebasse de sirop de l'amour pouvait cacher un arrière-goût amer.
La vie est une lutte, tant qu'on n'a pas le dos au sol, il faut continuer de se battre.
Quand tu vois ta mère déchirée de douleur, elle qui a longtemps été le pilier du clan familial, courir comme folle, toute dignité bue, derrière la voiture qui t'emporte, tu as beau être un homme, tu n'as qu'une envie, c'est laisser tes larmes se répandre à flots tièdes, lourds d'inquiétude, de tristesse et de rage mêlées.
S'habiller propre, correct, en tout lieu et à toute heure, était une question de respect de soi et des autres, bref de dignité. C'est sans doute la raison pour laquelle maman n'avait pas souhaité se présenter à la remise des carnets scolaires. Elle a préféré demander à l'oncle paternel versé dans les bondieuseries de m'accompagner dans sa vieille Renault d'occasion. Lui habitait la ville et devait savoir comment se comporter dans ces circonstances où chacun trônait à la fois sur sont trente et un et son quant-à-soi.
S'habiller propre, correct, en tout lieu et à toute heure, était une question de respect de soi et des autres, bref de dignité.
Dans la vie, il ne faut jamais imaginer le caïman braisé avant de l'avoir tué, je lui dis au fiston. J'ai payé cher pour le savoir.
C'est pour ça je lui dis au fiston, dans la vie, quand une porte est fermée quelque part, il y en a toujours une autre ouverte plus loin.
Je rêvais bien sûr d'autre chose, on accroche toujours ses rêves plus haut que la réalité...