Pourquoi mettre au monde un enfant si c'est pour ensuite le laisser seul ? Si on n'est pas foutu d'être là pour le guider sur la grand-route de la vie ? Le voir grandir, mettre ses pas dans les siens, devenir à son tour un homme ?
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Aux yeux des parents, des mères en particulier, les enfants ne grandissent jamais. Peut-être est-ce pour ne pas voir les stigmates sur leur propre visage.
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Le malheur sait aussi bien diviser que rapprocher les humains. Il suffit d'un rien, un geste, un mot, du silence même, pour que l'on bascule d'un côté ou de l'autre. Dans l'horreur ou la générosité.
Grandir, c'est savoir prendre des décisions sans en référer à personne.
Les Parisiens, c'est bien connu, sont peu patients avec ceux qui mastiquent mal leur langue, une manière habile, au fond, pour cacher leurs propres lacunes dans celle des autres.
Alors il laisse couler les larmes sans essayer de les retenir, en fermant les yeux, il pleure sur son amour disparu et sur lui-même, sur l'impossibilité de sortir de ce tombeau où il est enterré vivant.
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Comme si l'enfance était ce lieu unique qui ne se brouille que pour mieux s'imprégner dans la mémoire, façonner les faits et gestes du présent.
Pourquoi mettre au monde un enfant si c'est pour ensuite le laisser seul ? Si on n'est pas foutu d'être là pour le guider sur la grand-route de la vie ? Le voir grandir, mettre ses pas dans les siens, devenir à son tour un homme ?
Nul homme n'est une île, un tout complet en soi ; chaque homme est un morceau du continent, une part de l'ensemble.
La mort de tout homme me diminue, parce que j'appartiens au genre humain. Aussi n‘envoie jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi.
Elle ignorait, comme le macaque du conte, que la calebasse de sirop de l'amour pouvait cacher un arrière-goût amer.