Œuvre

No et moi (2007)

Notre silence est comme un retour à l'origine des choses, à leur vérité.
Peut-être que dans la vie on a une seule chance, tant pis si on ne sait pas la saisir, ça ne revient pas.
Si on s'y attache, la grammaire révèle le sens caché de l'histoire, dissimule le désordre et l'abandon, relie les éléments, rapproche les contraires, la grammaire est un formidable moyen d'organiser le monde comme on voudrait qu'il soit.
La violence est ce temps qui recouvre les blessures, l'enchaînement irréductible des jours, cet impossible retour en arrière.
Et si c'était ça, le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l'instant.
Elle s'étonne, le temps passe si vite, déjà Noël, déjà l'hiver, déjà demain et rien ne bouge, voilà le problème, en effet, notre vie est immobile et la terre continue de tourner.
L'insomnie est la face sombre de l'imagination.
La vérité c'est que les choses sont ce qu'elles sont. La réalité reprend toujours le dessus et l'illusion s'éloigne sans qu'on s'en rende compte. La réalité a toujours le dernier mot.
Il ne faut pas espérer changer le monde car le monde est bien plus fort que nous.
Noël est un mensonge qui réunit les familles autour d'un arbre mort recouvert de lumières, un mensonge tissé de conversations insipides, enfoui sous des kilos de crème au beurre, un mensonge auquel personne ne croit.
Certains secrets sont comme des fossiles et la pierre est devenue trop lourde pour la retourner. Voilà tout.
Et si on décidait d'aller à l'encontre de ce qui se fait ou ne se fait pas, si on décidait que les choses peuvent être autrement même si c'est très compliqué et toujours bien plus qu'il n'y paraît.
Je ris aussi je crois, je suis heureuse, là, tout de suite, dans l'engourdissement du sommeil, et si c'était ça le bonheur, pas même un rêve, pas même une promesse, juste l'instant.
J'avais trop de trucs dans la tête et parfois, c'est comme les ordinateurs le système se met en veille pour préserver la mémoire.
Peut-être qu'il n'y aura pas d'autre fois. Peut-être que dans la vie on a une seule chance, tant pis si on ne sait pas la saisir, ça ne revient pas.
Pendant des semaines, j'ai rêvé qu'un jour il appuierait sur l'accélérateur, pied au plancher, et nous projetterait tous les trois dans le mur du parking, unis pour toujours.
Certains secrets sont comme des fossiles et la pierre est devenue trop lourde pour la retourner.
C'est du chagrin et puis c'est tout. Un grand chagrin qui ne se dissout pas dans l'eau, ni dans l'air, un genre de composant solide qui résiste à tout.
La nuit quand on ne dort pas les soucis se multiplient, ils enflent, s'amplifient, à mesure que l'heure avance les lendemains s'obscurcissent, le pire rejoint l'évidence, plus rien ne paraît possible, surmontable, plus rien ne paraît tranquille.
C'est fou ce que les choses peuvent avoir l'air normal en apparence. Si on se donne un peu de mal. Si on évite de soulever le tapis. Un peu plus on se croirait dans un monde parfait où tout finit toujours par s'arranger.
L'absence d'un objet ou d'un sujet s'exprime mieux pas la phrase il n'y en a pas (ou plus). Les nombres demeurent une abstraction et le zéro ne dit ni l'absence ni le chagrin.
Je suis fière qu'elle ne me traite pas comme une gamine parce que je sais bien ce que ça signifie, et la différence qu'il y a avec d'autres mots pour dire la même chose et que les mots ont leur importance et leurs nuances.
Les choses sont toujours plus compliquées qu'il y paraît. Les choses sont ce qu'elles sont, et il y en a beaucoup contre lesquelles on ne peut rien. Voilà sans doute ce qu'il faut admettre pour devenir adulte.
Lui dire que certains soirs je n'ai pas envie de rentrer chez moi, à cause de toute cette tristesse qui colle aux murs.
Dans la vie on est tout seul avec son costume, et tant pis s'il est tout déchiré.