Œuvre
Les Souvenirs (2011)
Les souvenirs sont une espèce de point d'arrivée; et peut-être sont-ils aussi la seule chose qui nous appartient vraiment.
La haine des autres a toujours été la meilleure façon de combler sa propre vacuité.
Les lieux sont la mémoire, et bien plus: les lieux survivent à la mémoire.
On cherche toujours des raisons à l'étroitesse affective de nos parents. On cherche toujours des raisons au manque d'amour qui nous ronge. Parfois il n'y a simplement rien à dire.
Les disputes avaient le don de souligner le sentiment d'être vivant. On meurt sûrement plus vite dans l'harmonie conjugale.
Attendre quelqu'un, c'est le faire exister avant son apparition.
Quelle idiotie d'attendre en permanence l'affection de ses parents; il suffisait qu'ils vous jettent un petit os pour qu'on le ronge joyeusement en remuant la queue.
Je sens que tout va très vite, et que la vie est bien trop courte pour se permettre la médiocrité. Je sens en moi l'urgence du bonheur.
Comment vit-on en sachant que l'avenir est peau de chagrin ?
Au fond, je crois que le rôle du fonctionnaire en première ligne dans un commissariat est de dégoûter le plaignant. Il est comme un videur à l'entrée d'une boîte de nuit qui décide quelles plaintes il peut laisser passer.
Le silence d'une femme est sa plus grande preuve d'amour.
Les premières fois sont la suprématie des souvenirs.
Je suis à toi, je fais tout ce que tu veux, je suis ton corps qui te reçoit et je suis ta bouche qui te boit.
Peut-être que la caractéristique majeure du bonheur est d'accélérer le temps ?
Son passé continuait ainsi par le jeu. J'aime tellement cette capacité des enfants à se protéger du malheur par le fantasme. Après, on ne sait plus très bien comment se protéger, on prend l'eau de toutes parts.
Personne ne connaît jamais le chemin qu'il doit emprunter pour aller où il veut.
Il y a des gens qui pourraient parler des heures pour ne rien dire, ce sont ceux qui dissertent sur la météo, et qui seraient capables de faire une thèse sur un nuage, tout ça pour ne pas avoir à rentrer chez eux.
J'ai compris qu'on ne connaît jamais vraiment la vie d'un homme.
La directrice avait finalement opté pour l'agressivité. C'est toujours la défense des coupables.
Il repensait à l'Auguste de son enfance, et songea que chaque personne importante d'une vie porte en elle l'écho de l'avenir.
Il a alors laissé un blanc dans la conversation. Et je n'avais aucune idée de la manière de mettre un peu de couleur dans son blanc.
J'ai pensé que le bonheur se trouvait peu-être là, au tout début de l'éveil, quand on ouvre les yeux sur notre vie, quasiment surpris d'être nous.
Pourquoi la bêtise est-elle plus mémorable que la beauté ?
On cherche toujours des raisons à l'étroitesse affective de nos parents. On cherche toujours des raisons au manque d'amour qui nous ronge. Parfois, il n'y a simplement rien à dire.
On eut dit une vieille pièce anglaise. Il y avait une horloge assez imposante qui marquait chaque seconde avec la certitude arrogante de travailler pour une entreprise éternelle : le Temps.