L'idée ne me vint pas qu'on pût écrire pour être lu.
Une fois l'espérance du salut rangée au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Un homme, fait de tous les autres hommes, et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui.
Elle ne croyait à rien seul, son scepticisme l'empêchait d'être athée.
Il a aimé, pourtant, il a voulu vivre, il s'est vu mourir cela suffit pour faire tout un homme.
Mais les livres ont été mes oiseaux et mes nids, mes bêtes domestiques, mon étable et ma campagne la bibliothèque, c'était le monde pris dans un miroir elle en avait l'épaisseur infinie, la variété, l'imprévisibilité.
Si je range l'impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui.
A la vacance de mon âme succéda la mobilisation totale et permanente : je devins une dictature militaire.
On écrit pour ses voisins ou pour Dieu. Je pris le parti d'écrire pour Dieu en vue de sauver mes voisins.
Je trouve qu'ils ont l'air bête et je n'aime pas les toucher mais je m'y force : c'est une épreuve et puis il faut qu'ils m'aiment : cet amour embellira leur vie.
On se défait d'une névrose, on ne se guérit pas de soi.
Vainement je ne pouvais plus ignorer ma double imposture je feignais d'être un acteur feignant d'être un héros.
J'étais un enfant, ce monstre qu'ils fabriquaient avec leurs regrets.
Mon grand-père avait décidé de m'inscrire au lycée Montaigne. Un matin, il m'emmena chez le proviseur et lui vanta mes mérites : je n'avais que le défaut d'être trop avancé pour mon âge. Le proviseur donna les mains à tout : on me fit entrer en huitième et je pus croire que j'allais fréquenter les enfants de mon âge. Mais non : après la première dictée, mon grand-père fut convoqué en hâte par l'administration ; il revint enragé, tira de sa serviette un méchant papier couvert de gribouillis, de taches et le jeta sur la table : c'était la copie que j'avais remise. On avait attiré son attention sur l'orthographe - « le lapen çovache ême le ten », - et tenté de lui faire comprendre que ma place était en dixième préparatoire. Devant « lapen çovache » ma mère prit le fou rire; mon grand-père l'arrêta d'un regard terrible. Il commença par m'accuser de mauvaise volonté et par me gronder pour la première fois de ma vie, puis il déclara qu'on m'avait méconnu ; dès le lendemain, il me retirait du lycée et se brouillait avec le proviseur.
Après la première dictée, mon grand-père fut convoqué en hâte par l'administration ; il revint enragé, tira de sa serviette un méchant papier couvert de gribouillis, de taches et le jeta sur la table : c'était la copie que j'avais remise. On avait attiré son attention sur l'orthographe - « le lapen çovache ême le ten », - et tenté de lui faire comprendre que ma place était en dixième préparatoire.
On avait attiré son attention sur l'orthographe - « le lapen çovache ême le ten », - et tenté de lui faire comprendre que ma place était en dixième préparatoire.
Le lapen çovache ême le ten