Œuvre

Les livres de Jakob (2018)

Dieu a créé l’homme avec les yeux par-devant et pas à l’arrière de la tête, ce qui veut dire que l’homme doit s’occuper de ce qui vient et pas de ce qui a été.
Nul n’est prophète en son pays : cela reste une grande vérité, il faut qu’un prophète soit un étranger en quelque sorte. Il doit venir d’une terre lointaine, tomber du ciel, avoir un air insolite, improbable. Un mystère doit l’entourer, comme celui, chez les goyim, d’être né d’une vierge. Il doit marcher autrement, parler autrement. Le mieux serait qu’il fût originaire d’endroits inimaginables d’où proviennent des mots exotiques, des mets jamais consommés, des fragrances jamais humées, la myrrhe, les oranges.
Nul n’est prophète en son pays : cela reste une grande vérité, il faut qu’un prophète soit un étranger en quelque sorte. Il doit venir d’une terre lointaine, tomber du ciel, avoir un air insolite, improbable. Un mystère doit l’entourer, comme celui, chez les goyim, d’être né d’une vierge.
Le vent est le regard des morts qui observent le monde de là où ils sont.
Jakób ne parle jamais comme les sages, avec de longues phrases compliquées dans lesquelles il y a une multitude de mots rares et précieux et qui renvoient en permanence à des écrits par des citations. Il parle avec clarté et brièveté comme quelqu’un qui vit du commerce sur la place du marché ou du transport par charrette.
Les gens s'accordent à l'unisson pour voir la raison principale du fléau dans la colère de Dieu, en châtiment de leurs péchés. Tous le pensent, les Juifs, les chrétiens, les Turcs.