Œuvre

Les Chaussures italiennes (2009)

La plupart des voyages dont on rêve n'ont jamais lieu. Ou alors on les accomplit intérieurement. L'avantage, quand on emprunte ces vols intérieurs, c'est qu'on a de la place pour les jambes.
L'amour donne une fraicheur, un calme, peut-être même une sécurité, qui rend la rencontre avec la mort moins effrayante.
Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule. Plus je vieillis, mieux je les vois.
Les gens sur les îles sont rarement bruyants ou expansifs. L'horizon est trop grand pour ça.
Il est aussi facile de perde à l'intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes.
Je me sens toujours plus seul quand il fait froid. Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des deux côtés.
La haine peut servir de moteur pendant un certain temps - pas davantage. Elle peut te donner une force un peu illusoire, mais elle reste toujours en premier lieu un parasite qui te dévore.
Maman m'engueulait au lieu de m'aider. Elle essayait de faire naître l'amour entre nous avec des cris. Je me suis tirée de la maison dès que j'ai pu.
Je me suis souvenu qu'elle m'avait dit un jour que la vie ressemblait aux chaussures. On ne pouvait pas imaginer qu'elles nous allaient si tel n'était pas le cas. Les chaussures trop petites font partie de la réalité.
Il y a une beauté spéciale qui n'appartient qu'aux femmes très âgées. Dans leur rides sont inscrits toutes les marques, tous les souvenirs de la vie écoulée. Je parle des femmes très âgées, celles dont la terre réclame déjà le corps.
La dernière chose que j'ai vue avant de m'endormir, c'était son visage. Il était très près du mien. Peut-être souriait-elle. J'espère que oui.
Il existe des trahisons qui ne peuvent se pardonner, ni même s'expliquer de quelque manière que ce soit.
C'est impossible de voir sur le visage de quelqu'un à quel point il ou elle est abîmé à l'intérieur.
Il y a une beauté spéciale qui n'appartient qu'aux femmes très âgées. Dans leurs rides sont inscrits toutes les marques, tous les souvenirs de la vie écoulée.
La mort ne me fait pas peur. Ce que je n'aime pas, c'est l'idée que je vais devoir rester morte si longtemps.
Je suis allé dehors. La nuit d'hiver était étoilée et immobile. Parfois, quand je vois un ciel comme celui-là, je regrette de ne pas être compositeur.
Les bruits, ici, paraissaient contraints de faire la queue avant d'être autorisés à entrer dans le silence.
J'ai appris ceci : Dieu parle en murmurant mais le diable crie.
Peut-être pendant toutes ces années étais-tu en route sans le savoir ? Il est aussi facile de se perdre à l'intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes.
Les enfants ne vont pas bien si on ne leur dit pas la vérité. Les mensonges les tourmentent, de la même manière qu'ils nous tourmentent, nous, les adultes.
Tu as peur de toi, c'est tout. Comme tout le monde... Nous avons peur de nous-mêmes et de ce que nous apercevons de nous chez les autres.
C'est difficile d'avoir pour plus proche ami quelqu'un qu'on n'aime pas.
Je ne crois pas en Dieu. Mais il faut pouvoir en créer un quand c'est nécessaire.
J'avais trahi parce que j'avais peur d'être trahi à mon tour. Cette peur du lien, cette peur de sentiments trop intenses pour pouvoir être contrôlés, m'avait toujours poussé à réagir d'une seule façon : l'esquive, la fuite.