Œuvre
Les Beaux Quartiers (1936)
Le boulanger cassait de temps en temps la gueule au receveur-buraliste qui flirtait avec sa femme.
C'est bien du bruit pour un seul mort, dit-il. On ne fait pas tant de foin que ça pour la vie humaine au Maroc.
Il l'avait reçu chez lui à dîner. Ils avaient dû en combiner des fourbis. Cet Hubert est un malin.
Pas vilaine, cette jeunesse. Il était très sensible à la fraîcheur, lui dont le teint était vilainement brouillé.
L'accueil était plutôt frisquet.
Le chat siamois bondit silencieusement et se frotta contre l'un des pieds nus.
Ces fugues sont fréquentes. Ca se termine classiquement par une rentrée au bercail, l'oreille basse. La police arrive d'ailleurs toujours à retrouver les gens.
Nous sommes, dit-il, résolument contre tout ce qui peut mener à la guerre, contre l'aggravation de ce qu'on appelle d'une façon sinistre l'impôt du sang.
Elle n'avait presque pas de hanches, et pour ses dix-sept ans une poitrine insolente, comme ces fruits qui vont faire éclater leur enveloppe.
Lâche, disait-elle, cette voix, tu as enfin giflé quelqu'un pour une fois? Ton fils. Tu te venges sur lui de tous les coups de pied au cul reçus dans ta vie!
Il y ainsi chez l'homme quelque chose de plus profondément à lui que son visage, de petites habitudes, des manies.
Il est comme quelqu'un qui se serait fixé une tâche, une mission. Il veut sauver du naufrage une société qui se défend fort bien toute seule.
Il se fait comme ça, entre les rêves et la conscience éveillée, des échanges mal définis: une sorte d'osmose, peut-être, on ne reconnaît pas que cette pensée vient encore du sommeil... elle a traversé la membrane...
Il passait son temps à vérifier si on le volait. Il laissait pour cela aux endroits les plus divers, en vue, ou comme cachés négligemment sous des feuilles de papier, sous un gant, un journal, un franc, dix sous, enfin quelque monnaie.
Mon amour, je t'attendrai sans fin à partir de six heures, demain comme toujours.
Quand on aime quelqu'un, on ne peut pas se retenir de le mordre.
Il s'agit de savoir comment on gouvernera. Depuis toujours, il n'y a que deux méthodes: la force ou la ruse. Pour l'instant c'est la bagarre entre les marchands de force et les marchands de ruse.