Œuvre
Le Jeu de l'ange (2008)
La vieillesse est la vaseline de la crédulité.
Toutes les fois qu'un livre change de main, toutes les fois que quelqu'un parcourt ses pages, son esprit grandit et devient plus fort.
L'incompétent se présente toujours comme expert, le cruel comme pitoyable, le pécheur comme dévot, l'usurier comme bienfaiteur, l'arrogant comme humble, le vulgaire comme distingué et l'abruti comme intellectuel.
Tout n'est que plaisanterie dans cette vie. C'est juste une question de perspective.
Le temps guérit tout, pensai-je, sauf la vérité.
Savez-vous quel est l'avantage des coeurs brisés ? C'est qu'ils ne peuvent véritablement se briser qu'une fois. Les suivantes ne sont que des égratignures.
La routine est la gouvernante de l'inspiration.
Vous n'aimez pas et vous empêchez les autres de vous aimer.
En l'écoutant parler, il me vint à l'idée qu'en cet instant la seule chose qui pourrait me donner quelque satisfaction serait de mettre le feu au monde entier et de flamber avec lui.
La peur est la poudre et la haine est la mèche. Le dogme, en dernière instance, n'est que l'allumette qui y met le feu.
On ne peut convertir qu'un pécheur, jamais un saint.
Les livres sont la seule chose au monde qu'on ne vole pas.
Mon cher Sempere, quand une femme traite quelqu'un d'idiot, ça signifie que ses gonades sont en révolution.
Le vieux libraire m'avait toujours répété que les livres avaient une âme, l'âme de celui qui les avait écrits et de ceux qui les avaient lus et avaient rêvé avec eux.
L'habit fait le moine, mais, surtout, le paroissien.
Je savais que j'allais la perdre, mais pour quelques minutes, nous n'avions appartenu qu'à nous-même et à personne d'autres.
Dans le monde où je vivais, les espérances grandes et petites, devenaient rarement réalité.
A l'intérieur, je respirai cette odeur magique du papier que, inexplicablement, personne n'a encore réussi à mettre en flacon.
Chaque livre a une âme. L'âme de celui qui l'a écrit et l'âme de ceux qui l'ont lu, ont vécu et rêvé avec lui.
Il croyait que nous appartenions à un grand ensemble et que, en quittant ce monde, nos souvenirs, nos passions, ne se perdaient pas. Pour lui, ils devenaient les souvenirs et les passions de ceux qui prennent notre relève.