Œuvre

Le Cid (1636), I, 4, Don Diègue

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! - \r\nN'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? - \r\nEt ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers - \r\nQue pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? - \r\nMon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire, - \r\nMon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, - \r\nTant de fois affermi le trône de son roi, - \r\nTrahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur: - Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur; - Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne, - Malgré le choix du roi, m'en a su rendre indigne.
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?
Précipice élevé d'où tombe mon honneur!
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! - \r\nN'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? - \r\nEt ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers - \r\nQue pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? - \r\nMon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire, - \r\nMon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, - \r\nTant de fois affermi le trône de son roi, - \r\nTrahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
O rage ! O désespoir ! O vieillesse ennemie !