Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! - \r\nN'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? - \r\nEt ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers - \r\nQue pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? - \r\nMon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire, - \r\nMon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, - \r\nTant de fois affermi le trône de son roi, - \r\nTrahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?

À lire aussi de Pierre Corneille

En vain je m'y travaille, et d'un soin inutile, tout cassé que je suis, je cours toute la ville: ce peu que mes vieux ans m'ont laissé de vigueur se consume sans fruit à chercher ce vainqueur.
J'en laissai deux sans vie et mis l'autre aux abois.
De mille désespoirs mon coeur est assailli.
Paraissez, Navarrais, Mores et Castillans.
Assez et trop longtemps l'arrogance de Rome - A cru qu'être Romain c'était être plus qu'homme: - Abattons sa superbe avec sa liberté; - Dans le sang de Pompée éteignons sa fierté.
Toutes les citations de Pierre Corneille →

Dans la même œuvre

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! - \r\nN'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? - \r\nEt ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers - \r\nQue pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? - \r\nMon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire, - \r\nMon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, - \r\nTant de fois affermi le trône de son roi, - \r\nTrahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur: - Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur; - Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne, - Malgré le choix du roi, m'en a su rendre indigne.
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?
Précipice élevé d'où tombe mon honneur!
O rage ! O désespoir ! O vieillesse ennemie !