Nérine: - Votre pays vous hait, votre époux est sans foi: - Dans un si grand revers que vous reste-t-il? - - Médée: - Moi, - Moi, dis-je, et c'est assez.
Auteur
Pierre Corneille
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Non, je ne pleure point, Madame, mais je meurs.
Nos plus heureux succès sont mêlés de tristesse.
Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort - Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port
O Ciel! Que de vertus vous me faites haïr!
Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! - \r\nN'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? - \r\nEt ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers - \r\nQue pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? - \r\nMon bras qu'avec respect tout l'Espagne admire, - \r\nMon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire, - \r\nTant de fois affermi le trône de son roi, - \r\nTrahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
O soupirs, ô respect! oh! qu'il est doux de plaindre - Le sort d'un ennemi quand il n'est plus à craindre!
Oh! combien d'actions, combien d'exploits célèbres - Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres.
On a peine à haïr ce qu'on a bien aimé - Et le feu mal éteint est bientôt rallumé.
On va d'un pas plus ferme à suivre qu'à conduire.
Paraissez, Navarrais, Mores et Castillans.
Père dénaturé, malheureux politique!
Pleurez, pleurez, mes yeux et fondez-vous en eau! - La moitié de ma vie a mis l'autre au tombeau.
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes: - Ils peuvent se tromper comme les autres hommes.
Prends un siège, Cinna, prends et sur toute chose - Observe exactement la loi que je t'impose.
Qu'un monstre tel que vous inspire peu de crainte!
Qu'une femme hargneuse est un mauvais voisin!
Que je meure au combat, ou meure de tristesse, - Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.
Que le plaisir se goûte au sortir des supplices!
Qui change une fois peut changer tous les jours.
Qui m'aima généreux me haïrait infâme.
Qui ne craint point la mort ne craint point les menaces. - J'ai le coeur au-dessus des plus fières disgrâces; - Et l'on peut me réduire à vivre sans bonheur, - Mais non pas me résoudre à vivre sans honneur.
Quoi? Vous ne pouvez pas ce que peut une femme?
Quoi? vous vous arrêtez aux songes d'une femme?
Rentre en toi-même, Octave, et cesse de te plaindre. - Quoi! tu veux qu'on t'épargne et n'as rien épargné!
Œuvres de Pierre Corneille
Agésilas (1666), II, 7Andromède (1650)Attila (1667), I, 2, ValamirAttila (1667), IV, 6, ArdaricAttila, I, 2, ValamirChansonCinna, ou La clémence d'Auguste (1640)Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 2, EmilieCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), I, 4Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), II, 1, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 1, EuphorbeCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 2, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), III, 5, EmilieCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 2, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), IV, 4Cinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, AugusteCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 1, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 2, CinnaCinna, ou La clémence d'Auguste (1640), V, 3, Auguste