Œuvre
La valse lente des tortues (2008)
Elle ne savait qu'aimer. Elle ne savait pas se faire aimer. C'étaient deux choses bien différentes.
Pourquoi aime-t-on toujours les hommes qui vous repoussent, qui vous traitent mal, pourquoi n'est-on pas émue par un homme qui se traîne à nos pieds?
Je fais de la figuration dans ma propre vie.
Dès qu'on aime quelqu'un, faut-il obligatoirement souffrir? Est-ce la rançon à payer? Elle ne savait qu'aimer. Elle ne savait pas se faire aimer. C'était deux choses bien différentes.
On ne se marie pas que pour le meilleur, on se marie pour les erreurs, les faiblesses, les mensonges, les dérobades.
Ca parait bête, mais je me suis dit que l'amour, c'est d'avoir le coeur tout enflé d'avoir respiré un vieux pull.
C'est donc ça l'amour? Cette fulgurante blessure qui donne envie de mourir ... Cette attente délicieuse où l'on ne sait plus qui on est, où l'on tend la nuque pour se faire passer les reines, bander les yeux, conduire au poteau de l'abnégation.
C'est toujours dans les yeux qu'on voit si les gens sont tristes ou heureux. Le regard, on ne peut pas le maquiller.
L'amour ça nait dans le coeur mais ça vit sous la peau.
Mais la douleur, elle, ne s'émousse pas. C'est étrange d'ailleurs: l'amour s'use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir alors qu'on finit, un jour, d'aimer.
On ne guérit pas d'une mère qui ne vous aime pas. Ca creuse un grand trou dans le coeur et il en faut de l'amour et de l'amour pour le remplir!
La vie, c'est souvent un chemin de plaies et de bosses. C'est rarement une promenade tranquille. Ou alors c'est qu'elle s'est endormie et quand elle se réveille, elle n'arrête plus de vous secouer!
On n'est plus personne quand on est seule.
Ce ne sont pas les routes que nous prenons, c'est ce que nous avons à l'intérieur de nous qui nous fait devenir ce que nous sommes.
L'amour s'use, mais la douleur reste vivace. Elle change de masque, mais demeure. On ne finit jamais de souffrir, alors qu'on finit un jour d'aimer.
Chaque homme a son secret, sa petite vilénie qui, bien exploitée, en fait un serviteur ou un allié.
On vieillit quand on s'enferme, quand on refuse de voir, d'entendre ou de respirer.
Est-ce ma faute si on ne guérit pas d'un coup et s'il faut sans arrêt panser les blessures de l'enfance?
Blaise Pascal, un jour, écrivit: «Il y a des passions qui resserrent l'âme et la rendent immobile, et il y en a qui la grandissent et la font se répandre au dehors.»
Comment il est? Plus grand que moi, blond, des yeux pas grands et très sérieux. Il aime le soleil et les chats. Il déteste les tortues. Il est pas baraqué, mais quand il me serre dans ses bras, c'est comme s'il avait trois millions de muscles.
Je hais les hommes, je me hais d'avoir besoin d'eux, je hais les sentiments, je voudrais être une femme bionique qui donne des coups de pied quand on veut l'embrasser et ne laisse personne l'approcher.
Les beaux garçons amoureux des mots, ça n'existe plus. Ils grandissent en parlant à leur game-boy.
Mais je ne vois pas de solution parce que aujourd'hui, être jeune, ce n'est pas seulement un moment de la vie, c'est une condition de survie. Ce n'était pas comme ça, avant!
Ca devrait être toujours comme ça quand on aime. Sans condition. Sans juger. Sans établir des critères, des préférences.
Parfois, quand les choses sont trop violentes, on les efface de sa mémoire, on ne veut plus se souvenir.