Œuvre

La Femme au collier de velours (1850)

Ce qui fait la passion du jeu plus forte que toutes les autres, c'est que, ne pouvant jamais être assouvie, elle ne peut jamais être lassée. C'est une maîtresse qui se promet toujours et qui ne se donne jamais. Elle tue, mais elle ne fatigue pas.
La passion du jeu c'est l'hystérie de l'homme.
Le joueur est silencieux. La parole ne peut lui servir à rien, il joue, il gagne, il perd; ce n'est plus un homme: c'est une machine. Pourquoi parlerait-t-il?
Il faut toujours que la foule, lorsqu'elle est sous l'empire d'une passion, crie vive quelqu'un ou meure quelqu'un.
La nature humaine est ainsi faite, toujours indulgente pour soi, attendu que son indulgence c'est de l'égoïsme.
La corde de la musique n'est pas la seule qui résonne dans le coeur des jeunes filles, il y a une autre corde bien autrement frêle, bien autrement vibrante, bien autrement mortelle : celle de l'amour !
La musique allemande, c'est la musique des hommes : mais retenez bien ceci, la musique italienne, c'est la musique des dieux.
Le compagnon inséparable du génie et de la gloire, c'est le malheur.