Œuvre
La Fausse magie (1775)
Quand l'âge vient, l'amour nous laisse: - C'est une loi qu'il faut subir. - La jeunesse aime la jeunesse, - Comme la rose le zéphir.
J'étais jeune, assez jolie; - On m'aimait à la folie. - Eh bien, l'on ne m'aime plus. - Faut-il que je me désole? - Non, non Ie temps qui s'envole, - Rit de nos voeux superflus.
C'est un état bien pénible, - Que celui d'un jeune coeur, - D'un coeur timide et sensible - Que fait taire la pudeur.
Je me sens le coeur tressaillir, - Quand je vois deux amants s'aimer avec tendresse. - On ne médit de la jeunesse, - Que par le chagrin de vieillir.