Quand l’âge vient, l’amour nous laisse: – C’est une loi qu’il faut subir. – La jeunesse aime l Marmontel Jean-François

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Quand l’ âge vient, l’ amour nous laisse:
C’ est une loi qu’ il faut subir.
La jeunesse aime la jeunesse,
Comme la rose le zéphir.
La Fausse magie (1775)
Citations de Jean-François Marmontel
Jean-François Marmontel

Une réponse à “Quand l’âge vient, l’amour nous laisse: – C’est une loi qu’il faut subir. – La jeunesse aime l Marmontel Jean-François”

  1. dicocitations

    Je ne dis pas que dans tous les temps il n’ait été avantageux au chef d’être soldat, de réunir les forces et du corps et de l’âme, et de pouvoir non seulement affronter les dangers, soutenir les disgrâces, se posséder dans l’une et dans l’autre fortune; mais de pouvoir encore endurer constamment la faim, la soif; les fatigues, les veilles, l’intempérie des saisons, l’âpreté des climats, et de s’être rendu vigoureux et robuste, afin d’exécuter soi-même ce qu’on aurait à commander. Je ne dis pas que dans la plus grande rigueur de la discipline grecque et romaine, lors même que la tête d’un général remuait seule toute une armée, la supériorité dans la force du corps ne fût encore un très grand avantage. […] Enfin je ne dis pas que parmi nous encore elle ne soit, dans celui qui commande, d’un grand exemple et d’un grand secours, pour inspirer au soldat le courage d’exécuter ou de souffrir. Mais dans tel temps cette qualité dut primer dans un capitaine ; dans tel autre, elle fut subordonnée à d’autres vertus. […] L’arme à feu a presque tout réduit au nombre et à la discipline : parmi les soldats même, le meilleur n’est pas le plus fort, mais le plus hardi, le plus ferme, le plus docile, et le mieux exercé. À plus forte raison n’est-ce plus la force du bras, mais la vigueur de la tête et de l’âme, qui fait aujourd’hui le héros. Ce n’est plus un guerrier armé de pied en cap pour l’attaque et pour la défense, c’est un homme tranquille et froid, qui, dans l’action, tout occupé des mouvements qu’il observe et dirige, ne s’expose qu’autant que l’occasion le demande, mais qui alors s’oublie au milieu du danger, comme s’il y était inaccessible, et qui, parmi les morts et les mourants, semble se croire invulnérable, et se regarder comme un dieu qui présiderait aux combats. Voilà sans doute un genre de valeur et de vertu guerrière supérieur encore à celui des héros fabuleux et de nos paladins ; mais il est concentré dans l’âme, et la poésie et les romans demandent, comme la peinture, un caractère de vaillance extérieur et en action. "Athéniens, disait Charès, voyez les blessures que j’ai reçues lorsque j’étais votre général, voyez mon bouclier percé de coups de lance." Voilà le héros poétique. "Moi, Charès, lui répondit Timothée, quand j’assiégeais Samos, je me souviens qu’ayant vu tomber une flèche assez près de moi, j’en eus honte, et me reprochai de m’être exposé en jeune homme et sans nécessité." Voilà le héros de l’histoire. Il est écrit sur les canons de Chantilly: "C’est fait de la valeur". Oui, de la valeur romanesque : en effet, le premier coup de canon a été mortel à cette espèce d’héroïsme; et en même temps que la tactique, la discipline, et avec elles le caractère de la bravoure et de la valeur a changé ; le progrès des lumières a fait évanouir les fantômes de l’ignorance et de la superstition. Plus d’enchantements, plus de sortilèges, plus de châteaux dont les revenants se soient emparés : les démons et les morts ne se sont plus mêlés des guerres ni des querelles des vivants ; et l’imagination romanesque a perdu presque tous ses songes.

    Marmontel : (Essai sur les romans, in Œuvres complètes, X, Verdière, 1819, pp. 303-306.)

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