Œuvre

La cuisinière d'Himmler (2013)

Les vrais artistes n'ont jamais peur. Les grands hommes non plus. Les autres sont des tocards.
Il y a des règles dans la vie et il faut s'y conformer. Sinon, nous ne vaudrions pas mieux que des animaux.
La vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue s'il n'y avait pas de deuxième chance.
L'amour ne se réfléchit pas. Il se vit. Mais il ne repart pas non plus au premier claquement de doigts. Quand il a été blessé, il faut lui laisser le temps de reprendre des forces.
Un chagrin d'amour, c'est comme la mort d'une mère ou d'un père : on ne s'en guérit jamais.
La meilleure façon de se faire pardonner ses fautes, c'est de ne pas les avouer.
Le bonheur, ça ne se raconte pas. C'est comme une tarte aux pommes, ça se mange jusqu'à la dernière miette qu'on ramasse sur la table avant de lécher le jus doré qui macule les doigts.
On peut très bien se venger sans tuer. Il y a tout un art de la vengeance et il se pratique avec lenteur, sadisme et fourberie, souvent sans faire couler une seule goutte de sang.
Un discours, c'est comme une robe de femme. Il faut qu'il soit assez long pour couvrir le sujet et assez court pour être intéressant. Le mien tiendra en une phrase : on n'a jamais que la vie qu'on mérite.
Les gens ne sont jamais tout noir ou tout blanc, mais les deux en même temps, quand ils ne sont pas gris.
Quand l'amour est là, il ne faut pas hésiter et attendre qu'il repasse. Prenez-le dès qu'il se présente et ne le lâchez plus.
Même quand l'âge vient, il y a une chose que l'amour n'arrive jamais à comprendre : c'est qu'il n'est pas éternel.
Une biographie, c'est ce qui peut arriver de pire à quelqu'un. J'appelle ça les vers d'en haut pour les différencier des vers d'en bas qui nous bouffent dans notre cercueil.
Pour faire du bien, il faut que la vengeance soit physique et concrète. C'est quand elle est cruelle qu'elle nous permet de refermer nos blessures et de nous soulager pour longtemps.
Pour accéder à la grandeur, il faut savoir marcher sur des cadavres. C'est ce qu'ont fait les Américains avec les Indiens. Si nous voulons créer une nouvelle vie, il faut nettoyer le sol pour qu'il puisse, un jour, porter des fruits.
Il n'y a pas d'amour vrai sans angoisse. L'angoisse que tout s'arrête à chaque instant. L'angoisse que la vie reprenne soudain ce qu'elle a donné.
Le bonheur rend aveugle, aveugle et sourd.
Une pierre ne suffit pas à faire un mur.
L'Histoire entre toujours sans frapper et, parfois, c'est à peine si on la remarque quand elle passe. Sauf quand elle vous roule dessus...
Le jour où on laissera le loup garder les troupeaux, il ne restera plus un seul mouton sur la terre.
La vie, c'est comme un livre qu'on aime, un récit, un roman, un ouvrage historique. On s'attache aux personnages et on se laisse porter par les événements. A la fin, qu'on l'écrive ou qu'on le lise, on n'a jamais envie de le terminer.
Le jour de ma naissance, les trois personnages qui allaient ravager l'humanité étaient déjà de ce monde : Hitler avait dix huit ans, Staline, vingt huit et Mao, treize. J'étais tombée dans le mauvais siècle, le leur.
Je ne supporte pas les gens qui se plaignent. Or, il n'y a que ça, sur cette terre. C'est pourquoi j'ai un problème avec les gens.
Ce n'est pas à toi que je vais apprendre qu'on meurt de n'avoir pas vécu et que sinon, on meurt quand même.
La vanité des écrivains donne une idée de l'infini.