Auteur

Franz-Olivier Giesbert

Ils pourraient aussi proposer ... à Benjamin Castaldi un grand ministère de l'Intelligence.
Je suis un homme: autrement dit le seul animal de la Création qui a sa queue devant et ne cesse de courir après.
Les romans sont des histoires vraies racontées par des menteurs.
Le bonheur, comme l'amour, n'est jamais que dans l'instant: c'est de l'eau qui fuit dès qu'on croit la tenir entre ses mains.
A partir d'une certaine heure, la nuit, les paroles n'ont plus d'importance. Ce sont juste des choses vagues qui meublent le silence. Des cadavres de mots. Des estasses verbales.
Il faut se méfier de la haine. C'est la pire ennemie de la vengeance qui nécessite toujours beaucoup de doigté et de sang-froid.
On se rend compte du bonheur au bruit qu'il fait en s'en allant.
La pensée vole et les mots vont à pied voilà le drame de l'écrivain.
Les vrais artistes n'ont jamais peur. Les grands hommes non plus. Les autres sont des tocards.
Il y a des règles dans la vie et il faut s'y conformer. Sinon, nous ne vaudrions pas mieux que des animaux.
La vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue s'il n'y avait pas de deuxième chance.
L'amour ne se réfléchit pas. Il se vit. Mais il ne repart pas non plus au premier claquement de doigts. Quand il a été blessé, il faut lui laisser le temps de reprendre des forces.
Un chagrin d'amour, c'est comme la mort d'une mère ou d'un père : on ne s'en guérit jamais.
La meilleure façon de se faire pardonner ses fautes, c'est de ne pas les avouer.
Le bonheur, ça ne se raconte pas. C'est comme une tarte aux pommes, ça se mange jusqu'à la dernière miette qu'on ramasse sur la table avant de lécher le jus doré qui macule les doigts.
On peut très bien se venger sans tuer. Il y a tout un art de la vengeance et il se pratique avec lenteur, sadisme et fourberie, souvent sans faire couler une seule goutte de sang.
Un discours, c'est comme une robe de femme. Il faut qu'il soit assez long pour couvrir le sujet et assez court pour être intéressant. Le mien tiendra en une phrase : on n'a jamais que la vie qu'on mérite.
Les gens ne sont jamais tout noir ou tout blanc, mais les deux en même temps, quand ils ne sont pas gris.
Quand l'amour est là, il ne faut pas hésiter et attendre qu'il repasse. Prenez-le dès qu'il se présente et ne le lâchez plus.
Même quand l'âge vient, il y a une chose que l'amour n'arrive jamais à comprendre : c'est qu'il n'est pas éternel.
Une biographie, c'est ce qui peut arriver de pire à quelqu'un. J'appelle ça les vers d'en haut pour les différencier des vers d'en bas qui nous bouffent dans notre cercueil.
Pour faire du bien, il faut que la vengeance soit physique et concrète. C'est quand elle est cruelle qu'elle nous permet de refermer nos blessures et de nous soulager pour longtemps.
Pour accéder à la grandeur, il faut savoir marcher sur des cadavres. C'est ce qu'ont fait les Américains avec les Indiens. Si nous voulons créer une nouvelle vie, il faut nettoyer le sol pour qu'il puisse, un jour, porter des fruits.
Il n'y a pas d'amour vrai sans angoisse. L'angoisse que tout s'arrête à chaque instant. L'angoisse que la vie reprenne soudain ce qu'elle a donné.
Le bonheur rend aveugle, aveugle et sourd.

Œuvres de Franz-Olivier Giesbert

Dans Le Point, 9 novembre 2006.Dans TéléObs, 14 mars 2015Dictionnaire d'anti-citations : Pour vivre très con et très heureux (2013)L'Immortel (2007)La cuisinière d'Himmler (2013)Un très grand amour (2010)