Les parents doivent tout à leurs enfants, leurs enfants ne leur doivent rien. La peur des parents est un fardeau inutile pour les enfants.
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Qui est-on, quand on apprend dès l'enfance que rien ne reste ? Qu'il faut toujours être prêt à tout perdre, même sa langue maternelle ?
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À lire aussi de Colombe Schneck
L’amour est une vérité nue.
Je me contentais de chercher son nom dans l'annuaire. Je pouvais le contempler sur une liste, cela suffisait à un bonheur fragile.
Les éclairs de l'indignation, les mains sur le coeur, les plus jamais ça, pas après le nazisme, pas dix ans après la victoire des démocraties alliées, le monde a changé, la liberté a gagné, le respect des peuples, le modèle de notre République française, le pays des droits de l'homme, des résistants, l'humanité de nos soldats, rien, tout cela n'est qu'un paravent. Et si l'égalité des droits, la liberté individuelle, le respect de la personne ne concernaient que l'homme blanc ?
Ma mère prend soin d'enfants handicapés. Elle nous apprend à ne pas faire de différence entre eux, les enfants dont elle s'occupe, et nous, ses enfants. Elle a raison d'être aussi absente. Ils ont davantage besoin d'elle que nous.
Dans la même œuvre
Peu de gens veulent de manière délibérée le mal, ont conscience de détruire. Ils détruisent en pensant faire le bien, c’est d’ailleurs la manière la plus puissante de faire le mal, vouloir faire le bien. Je ne fais que citer Vassili Grossman : « Là où se lève l’aube du Bien, les enfants et les vieillards périssent, le sang coule.»
Lire des livres écrits par des proches exige une certaine compréhension, les écrire un certain égoïsme.
Sans passé, les racines arrachées puis détruites, la seule voie possible est de s'inventer. Il n'y a ni lignée, ni héritage, ni meubles, ni immeubles, ni paysages à transmettre, il reste les bagages de l'exilé.
Ce n'est pas si simple. Les Français d'un côté, les Algériens de l'autre, les bourreaux et les victimes, chacun des camps oublie qu'il appartient à une humanité commune.
De toutes mes forces, petite fille, je tenais à démontrer à mes parents que j'étais heureuse, que je n'avais aucun chagrin et qu'ils avaient donc réussi. J'étais la grande gagnante officielle du concours de la petite fille la plus heureuse du monde.