Les accompagnants ne sont pas des machines. On essaie de faire le maximum pour chaque donneur, et au bout du compte on s'use. On ne dispose pas d'une patience ni d'une énergie illimitées. Et, bien sûr, quand on en a l'occasion, on préfère s'occuper de ses pairs. C'est naturel. Jamais je n'aurais pu tenir tout ce temps si j'avais cessé de compatir aux souffrances de mes donneurs à chaque étape du processus.
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Quand on est jeune, beaucoup de choses semblent ennuyeuses et sans vie. Mais en vieillissant, on s'aperçoit que ce sont les choses mêmes qui importent le plus.
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À lire aussi de Kazuo Ishiguro
Je songe à ma pile de vieux livres de poche aux pages tremblotantes, comme si elles avaient autrefois fait partie de la mer.
Même la solitude, j’ai fini par vraiment l’apprécier. Ça ne veut pas dire que je n’espère pas un peu plus de compagnie à la fin de l’année, quand j’en aurai fini avec tout ça. Mais j’aime la sensation d’entrer dans ma petite voiture, de savoir que pendant les deux heures suivantes je n’aurai pour compagnie que les routes, le grand ciel gris et mes rêveries.
Je voudrais maintenant avancer le postulat suivant : foncièrement, il y a « dignité » lorsqu’il y a capacité d’un majordome à ne pas abandonner le personnage professionnel qu’il habite. Des majordomes de moindre envergure abandonneront leur personnage professionnel en faveur du personnage privé à la moindre provocation. Pour ces gens-là, être un majordome, c’est comme de jouer dans une pantomime : une petite poussée, un léger choc, et la façade s’effondre, révélant l’acteur qu’elle masquait.
Votre dieu chrétien de miséricorde donne aux hommes la licence de donner libre cours à leur cupidité, à leur soif de sang et de conquête, sachant que quelques prières et un peu de pénitence leur apporteront pardon et bénédiction.
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La démocratie est une très belle chose, mais elle signifie pas que les citoyens ont le droit de tout casser chaque fois qu'ils ne sont pas d'accord.
Il est si rare de nos jours de rencontrer quelqu'un qui ne soit pas contaminé par l'amertume et le cynisme de l'époque.
N’est-il pas consolant - voire, profondément satisfaisant - de pouvoir se dire, en repensant à sa propre vie, que si l’on a échoué, c’est uniquement là où les autres n’ont pas eu le courage ou la volonté de tenter ?
Je n’ai jamais connu aucun peintre capable de faire un autoportrait absolument véridique ; quelle que soit l’exactitude avec laquelle on reproduit les détails que vous renvoie le miroir, la personnalité représentée approche rarement de la vérité que d’autres, en revanche, verraient.
On a toujours énormément de voisins à qui on dit tout juste bonjour. C'est bien dommage quand on y pense.