Je te rends le chapeau mais en pour, je veux une meule, il crie. - Une meule? Kékcékça? - Une mobylette si tu préfères.
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Puisque je voulais tout voir, tout connaître, tout entendre, j'étais mûr pour connaître l'aventure des chemins. J'étais prêt à traverser les cerceaux de feu tendus sur mon passage !
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À lire aussi de Jean Vautrin
J’ai compris pourquoi nous faisons pleurer les violons. Nous sommes un peuple du soleil et si nous sommes venus jusque dans les brumes, c’est seulement pour chercher refuge et nourriture.
Faut-il attendre que les pauvres soient si pauvres qu'il ne leur reste plus que la révolte ? Un jour, les hardes qui pendent au clou deviennent immanquablement l'étendard de la haine !
La santé c'est une chose. Mais la perte de l'amour, c'est de la gangrène à l'état ras. Un mal pernicieux qui ne se lit pas sur la feuille de température, un truc qui hurle pendant des semaines. Qui se mesure à l'humeur. Parce que dès que vous êtes seul, vous morflez. Dès que vous fermez les paupières, vous repensez à votre histoire d'amour prise dans les glaces.
Ainsi vont les choses, pensait Azeline, pendant des années vous croyez que les êtres que vous connaissez le mieux sont faits d'un bois tendre et raboté et un jour, à l'improviste, l'écorce odorante est hérissée d'échardes. A un monde tendre et paresseux succède celui du hasard et de la force brutale. Et cette fureur, ce bruit, ce désordre, cette sensualité qui s'apprêtent à vous engloutir constituent justement les noeuds de la corde que vous avez tressée à votre insu.
Dans la même œuvre
Parfois, à force de remonter les sentiers abandonnés et de buter sur les vieilles souches de nos croyances, de grosses larmes ravinent les joues du rescapé d'Auschwitz, et, douce comme une pluie d'automne, son angoisse me recouvre.
Pourtant, dès mon premier ouf, c'est inouï comme j'avais soif d'aimer les autres. Enfant de la lune et du soleil, j'avais une envie folle de coller mon oreille contre le fût des arbres. D'écouter battre sous l'écorce le suc de la terre. De me mêler à la gaudriole générale. A tout ce raffut de la création. D'orchestrer le cui cui des oiseaux, d'apprivoiser le savoir des personnes. Pas une minute, je n'imaginais que les gens puissent être aussi arrogants, aussi méchants.
Comme j'étais naïf ! J'ignorais qu'en naissant Tsigane, je serais rabaissé au rang de gueux, de sauvage, de chien errant qui ne connait ni les lois ni la morale ordinaire.
La misère est un professeur encore meilleur que les livres. Elle t'apprendra tout !
Ouvrez ce livre. Ouvrez ce livre, monsieur. Regardez dehors au travers des persiennes. Faites marcher votre petit coeur. Assurez-vous que personne, aucun être transi de froid, ne rôde devant votre porte à la recherche d’un lit, d’un toit, d’une parole de réconfort. Sinon, en route ! Ouvrez votre fenêtre. Installez-vous sans tarder. Tournez ! Tournez les pages de mes carnets de moleskine ! Jargonnez les mots que j’emploie. Partagez ma fièvre. Trouvez la cadence.