Les choses ne sont pas faites pour durer éternellement, dit-il. Chaque chose a une fin naturelle. Cette tasse a eu une bonne vie; il est temps pour elle de se retirer et de faire place à une tasse neuve.
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Peut-être est-ce une bonne chose de connaître une chute de temps en temps. Tant qu'on n'en ressort pas brisé.
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À lire aussi de J. M. Coetzee
Il tue le temps, il s’efforce de tuer le dimanche pour que le lundi vienne plus vite, et avec le lundi le soulagement du travail. Mais vu de plus loin, le travail est aussi une manière de tuer le temps.
Être père...Je ne peux m’empêcher d'avoir le sentiment qu'en comparaison de ce que c'est que d'être mère, être père est quelque chose de plutôt abstrait.
Le cricket n’est pas un jeu. C’est la vie dans toute sa vérité. Si, comme le disent les livres, le cricket met le caractère à l’épreuve, alors c’est une épreuve qu’il ne voit pas le moyen de réussir, et à laquelle pourtant il ne sait comment se soustraire.
Une conviction, une intuition, une illusion - quelle est la différence quand on peut mettre cela en question ? T'est-il jamais venu à l'esprit que si nous suivions tous nos intuitions le monde tomberait dans le chaos ?
Dans la même œuvre
C'est une affaire de tempérament. Il est trop vieux, il ne va pas changer : le tempérament à son âge est bien établi, solidement figé. D'abord le crâne, ensuite le tempérament : les deux parties du corps les plus dures.
Il continue à enseigner parce que cela lui donne de quoi vivre; et aussi parce que c'est une leçon d'humilité, cela lui fait comprendre la place qui est la sienne dans le monde. C'est celui qui enseigne qui apprend la plus âpre des leçons, alors que ceux qui sont là pour apprendre quelque chose n'apprennent rien du tout.
Quand on arrive à un certain âge, toutes les liaisons sont sérieuses. Comme les crises cardiaques.
Après un certain âge, on n’a tout simplement plus de charme, il faut s’y faire. Il ne reste qu’à serrer les dents et vivre ce qu’il reste à vivre. Faire son temps.
Il y a des risques à posséder quoi que ce soit : une voiture, une paire de chaussures, un paquet de cigarettes. Il n'y en a pas assez pour tout le monde, pas assez de chaussures, pas assez de voitures, pas assez de cigarettes. Trop de gens, pas assez de choses. Et ce qu'il y a doit circuler pour que tout un chacun ait l'occasion de connaître le bonheur le temps d'une journée. C'est la théorie. Tiens-t'en à la théorie et à ce qu'elle a de réconfortant. Il ne s'agit pas de méchanceté humaine, mais d'un grand système de circulation des biens, avec lequel la pitié et la terreur n'ont rien à voir.