... écrire, c'est avoir une très haute conscience de soi-même, et c'est avoir conscience que l'on n'est pas à la hauteur, que l'on n'y a jamais été.
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On voit ce qu'on espère. On voit à la mesure de son espérance.
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À lire aussi de Christian Bobin
Nous passons notre vie devant une porte sans voir qu'elle est déjà ouverte et que ce qui est derrière est déjà là, devant nos yeux.
Dans la mort le chemin devient d'un seul coup si étroit que, pour passer, on doit se laisser tout entier.
Vivre est un trapèze. Les dogmes et les savoirs sont des filets qui amortissent la chute. La grâce est plus grande sans eux.
La fatigue est une des choses au monde les plus intéressantes à penser. Elle est comme la jalousie, comme le mensonge ou comme la peur. Elle est comme ces choses impures que l'on tient loin de ses yeux. Comme ces choses elle nous fait toucher terre.
Dans la même œuvre
Les professeurs sont des gens qui apprennent aux autres les mots qu'eux-mêmes ont trouvés dans les livres.
Les hommes vont en aveugle dans leur vie. Les mots sont leur canne blanche.
Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler.
La beauté, le Christ n'en parle jamais. Il ne fréquente qu'elle, dans son vrai nom: l'amour. La beauté vient de l'amour comme le jour vient du soleil, comme le soleil vient de Dieu, comme Dieu vient d'une femme épuisée par ses couches.
La beauté vient de l'amour comme le jour vient du soleil.