On peut passer sa vie à taire l'essentiel. Quelquefois même, on en meurt. Mais il arrive qu'on ait la possibilité de parler ; alors il n'est pas permis de continuer à se taire.

À lire aussi de Sándor Márai

Même une grande passion ne saurait causer la satisfaction que procure l'amitié à ceux qu'elle touche de son pouvoir magique.
Le craquement d'une allumette la nuit est un moyen aussi sûr de tirer quelqu'un de son sommeil qu'un coup de canon et obtient le même effet.
Privées de paroles, les choses restent muettes, et d'autant plus graves et dangereuses. Parler, crier, pleurer apporte toujours un soulagement.
La signification des mots n'est pas seulement dans leur sens propre mais aussi dans le territoire qu'ils illuminent. On avance dans l'obscurité, seuls quelques mots nous éclairent.
Dans le temps qui s'écoule, rien ne se perd. Mais, petit à petit tout pâlit, comme ces très vieilles photographies faites sur une plaque métallique.
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Dans la même œuvre

On acquiert une morale au cours de la vie, comme on acquiert une culture ou des bonnes manières.
Il ne suffit pas d'aimer quelqu'un. Il faut aimer avec courage. Il faut aimer comme un voleur, tout faire pour qu'aucune loi divine ou terrestre ne vienne contrecarrer cet amour.
On peut passer sa vie à taire l'essentiel. Quelquefois même, on en meurt. Mais il arrive qu'on ait la possibilité de parler alors il n'est pas permis de continuer à se taire.
Il faut aimer héroïquement. Mais toi, tu as commis ce qu'une femme peut commettre de pire : tu t'es vexée, et tu as fuit.