L'expérience de l'humiliation est comme celle de l'amour, inoubliable.
❧
On lit sans ordre, sans raison. La lecture ne peut se commander. Personne ne peut en décider à votre place. Il en va de la lecture comme d'un amour ou du beau temps: personne ni vous n'y pouvez rien. On lit avec ce qu'on est. On lit ce qu'on est.
◆
À lire aussi de Christian Bobin
Oui, on est un peu comme ça quand on est amoureux. On vide ses poches, on perd son nom. On découvre avec ravissement la certitude de n'être rien.
Ecouter c'est quand on aime.
La vérité est une jouissance telle que rien ne peut l'éteindre, un trésor que même la mort - cette pie voleuse - ne saura prendre.
Les enfants gitans semblent toujours plus âgés tant leurs chairs sont lourdes du sang divin de l'expérience.
Dans la même œuvre
Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour. C'est pour rejoindre le sauvage, l'écorché, le limpide.
Ce qu'on gagne dans le monde, on le perd dans sa vie.
Par les livres on apprend l'éternel, l'immuable.
Aucun homme ne s'aventure dans ces terres désolées de l'amour. Aucun homme ne sait répondre à la parole silencieuse.
On lit sous les draps, on lit sous le jour, c'est comme une résistance, une lecture clandestine, une lecture de plein vent.