On n'écrit jamais pour les autres, jamais. On n'écrit que pour soi.
❧
On échappe à rien. Pas plus à son passé qu'à ce qu'on est profondément.
◆
À lire aussi de Philippe Besson
Je me souviens enfin de cette phrase prononcée alors que j'étais une enfant encore: «Quand on a fait l'expérience de la liberté, comment y renoncer?»
Et puis, le temps guérit de tout et ne laisse à la surface que les images que nous voulons bien conserver.
On n'écrit jamais pour les autres, jamais. On n'écrit que pour soi. On prétend dialoguer mais tout n'est que soliloque.
Je ne crois pas que le luxe donne de l'élégance à la tristesse, il peut parfois la rendre plus supportable, ou figurer son écrin, c'est tout.
Dans la même œuvre
Des nuages noirs formaient des ombres contre les plis de la falaise. A flanc de colline, le phare surplombait les eaux en désordre, froides et lourdes.
Il y a des traits qu'on n'enlève pas aux gens, qu'ils portent sur eux toute leur vie, malgré la vieillesse, malgré la laideur, malgré les épreuves. Cela peut être la douceur. Ou l'enfance. Ou le malheur.
Je n'ai pas d'âge. Les années ont passé, je les ai perdues. Si je ne devais compter que les années heureuses, je serais encore un enfant.
On a le droit de bâtir sa vie sur un pressentiment.
Il nous arrive d'être ébahis devant des montagnes, des océans, des soleils, d'être impressionnés par ce qui est hors de notre portée, par ce que nos esprits seraient incapables de concevoir.