C'est l'avantage de la foule : on vous y voit et on vous y oublie aussi.
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Où pleurent les gens? C'est la question que je me pose souvent, bizarre qu'on croise jamais dans la rue des gens en train de chialer. Ils téléphonent beaucoup plus qu'ils pleurent, peut-être qu'on se détesterait moins si on chialait plus.
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Le temps se distendait comme dans ces rêves qui disent en quelques minutes plus qu'une journée, plus qu'une vie parfois, qui disent que votre âme est plus vaste que votre vie et que vous la tenez enfermée depuis trop longtemps.
Parfois l'amour est partagé. Et on peut bâtir son propre monde. Parfois l'amour, les mots mêmes de l'amour, sont impossibles. Et la vie demeure cette traversée idiote, pleine d'horaires et de faux amis. Et même la musique est une cruauté.
Lucie parle avec ses belles-soeurs, il est simple d'avoir l'air de s'entendre quand on parle entre femmes bien élevées, cela va tout seul, c'est l'art de la conversation.
Maintenant je sais aussi que l'on peut détester chaque être aimé. Par instants. Par douleur.
Dans la même œuvre
Tout le monde guette le faux pas, le moment où on va tomber, on marche sur du savon, oui, on a des vies savonnées, c'est ce que je pense.
En général les gens m'écoeurent. Ce que je voudrais c'est qu'ils soient comme les mômes: qu'ils aient plus de questions que de réponses, mais c'est souvent l'inverse, où est-ce qu'ils ont appris toutes ces certitudes?