Nous sommes nés pour exister, non pour connaître; pour être, non pour nous affirmer.

À lire aussi de Emil Cioran

Le sceptique est le désespoir du diable. C'est que le sceptique, n'étant l'allié de personne, ne pourra aider ni au bien ni surtout au mal. Il ne coopère avec rien, même pas avec soi.
Les gens ne s'intéressent qu'à ce que nous cachons.
On a beau dire, la mort est ce que la nature a trouvé de mieux pour contenter tout le monde.
Si, autrefois, devant un mort, je me demandais: «A quoi cela lui a-t-il servi de naître ?», la même question, maintenant, je me la pose devant n'importe quel vivant.
S'il est vrai qu'à la mort on redevienne ce qu'on était avant de l'être, n'aurait-il pas mieux valu s'en tenir à la pure possibilité et n'en jamais bouger ? A quoi bon ce crochet ? Quand on pouvait demeurer pour toujours dans une plénitude irréalisée ?
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Dans la même œuvre

La sagesse, que rien ne fascine, recommande le bonheur donné, existant; l'homme le refuse, et ce refus seul en fait un animal historique, j'entends un amateur de bonheur imaginé.
A la longue, la vie sans utopie devient irrespirable, pour la multitude du moins: sous peine de se pétrifier, il faut au monde un délire neuf.
Les libertés ne prospèrent que dans un corps social malade: tolérance et impuissance sont synonymes.
Une civilisation se révèle féconde par la faculté qu'elle a d'inciter les autres à l'imiter; qu'elle finisse de les éblouir, elle se réduit à une somme de bribes et de vestiges.
Le savoir, ayant irrité et stimulé notre appétit de puissance, il nous conduira inexorablement à notre perte.