Les foules sont un peu dans le cas du dormeur dont la raison, momentanément suspendue, laisse surgir dans l'esprit des images d'une intensité extrême, mais qui se dissiperaient vite si elles pouvaient être soumises à la réflexion. Les foules, n'étant capables ni de réflexion ni de raisonnement, ne connaissent pas l'invraisemblable : or, ce sont les choses les plus invraisemblables qui sont généralement les plus frappantes
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Nos vertus resteraient parfois bien incertaines si, à défaut de l'espoir d'une récompense, elles n'avaient la vanité pour soutien.
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Le prestige peut remplacer la force, mais la force ne remplace pas le préstige.
En politique, il est à peu près impossible de juger avec équité les opinions d'un adversaire.
L'être vraiment malheureux est celui à qui on persuade que son état est misérable. Ainsi procèdent les meneurs, pour faire les révolutions.
Loin d'être une preuve de caractère, la violence constitue souvent une manifestation de faiblesse. L'homme faible se montre parfois violent pour cacher sa faiblesse.
Dans la même œuvre
Une éducation capable d'accroître le jugement et la volonté est parfaite, quelles que soient les choses enseignées. Avec ces seules qualités, l'homme sait orienter sa destinée. Mieux vaut comprendre qu'apprendre.
La raison sert beaucoup plus à justifier la conduite qu'à la diriger.
Les hommes de pensée préparent les hommes d'action, ils ne les remplacent pas.
Tout être porte en lui des possibilités latentes de caractère léguées par ses divers aïeux, que les événements font surgir.
La patrie n'est pas constituée seulement par le sol où nous vivons, mais aussi par les ombres des aïeux qui continuent à vivre en nous et contribuent à élaborer notre destinée.