Le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la vue, qui est le plus magique.
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Montrez vos photos à quelqu'un ; il sortira aussitôt les siennes : « Voyez, ici, c'est mon frère ; là, c'est moi enfant », etc. ; la Photographie n'est jamais qu'un chant alterné de « Voyez », « Vois », « Voici » ; elle pointe du doigt un certain vis-à-vis, et ne peut sortir de ce pur langage déictique.
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À lire aussi de Roland Barthes
Dans la perversion (qui est le régime du plaisir textuel) il n'y a pas de «zones érogènes» (expression au reste assez casse-pieds).
D'une certaine manière - paradoxe exorbitant du langage -, dire je-t-aime, c'est faire comme s'il n'y avait aucun théâtre de la parole, et ce mot est toujours vrai (il n'a d'autre référent que sa profération: c'est un performatif).
La langue, comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire, ni progressiste; elle est tout simplement fasciste; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire...
La jalousie est une équation à trois termes permutables (indécidables): on est toujours jaloux de deux personnes à la fois: je suis jaloux de qui j'aime et de qui l'aime.
Dans la même œuvre
Ce que la photographie reproduit à l'infini n'a lieu qu'une fois.
Ce que la Photographie reproduit à l'infini n'a eu lieu qu'une fois : elle répète mécaniquement ce qui ne pourra jamais plus se répéter existentiellement.
J'étais saisi à l'égard de la Photographie d'un désir "ontologique". Je voulais à tout prix savoir ce qu'elle était "en soi", par quel trait essentiel elle se distinguait de la communauté des images.
Quoi qu'elle donne à voir et quelle que soit sa manière, une photo est toujours invisible : ce n'est pas elle qu'on voit.
La jouissance passe par l'image : voilà la grande mutation .