Œuvre
Le Plaisir du texte (2000)
Le plaisir du texte, c'est ce moment où mon corps va suivre ses propres idées - car mon corps n'a pas les mêmes idées que moi.
Dans la perversion (qui est le régime du plaisir textuel) il n'y a pas de «zones érogènes» (expression au reste assez casse-pieds).
J'écris parce que je ne veux pas des mots que je trouve, par soustraction.
Le livre fait le sens, le sens fait la vie.
Ce que je goûte dans un récit, ce n'est donc pas directement son contenu ni même sa structure, mais plutôt les éraflures que j'impose à sa belle enveloppe.
C'est le rythme même de ce qu'on lit et de ce qu'on ne lit pas qui fait le plaisir des grands récits.
Le plaisir du texte est semblable à cet instant intenable, impossible, purement romanesque, que le libertin goûte au terme d'une machination hardie, faisant couper la corde qui le pend, au moment où il jouit.