Mon amour est sauvage, multiple. Il est cette odeur délicieuse de l'attente, ce sanglot étonné, cette caresse chaude, cette silhouette au bord du fleuve. Il est ce vent insoumis, cette profondeur marine, une algue au plus fort du courant. Il n'a pas de nom, il est femme au large du quotidien, femme offerte et libre. Je l'ai vu en Orient derrière une lune de papier huilé, dans ce jardin clos où meurent les tourterelles, sur ce banc, où j'attends.

À lire aussi de Bernard Giraudeau

Il semble qu'un acteur est comme un peintre devant un mur nu. Il m'a fallu du temps pour saisir que l'espace vide est une proposition magnifique à l'imaginaire.
Sur la côte des naufrageurs, j'ai rêvé, enfant, ma vie d'homme comme un grand défricheur. Je cherchais les épaves au trésor. J'étais pirate autour d'un feu de bois flotté. Je regardais le ciel à l'envers dans les miroirs de lune. Au matin, je tenais le monde dans une poignée de sable que le vent éparpillait. Mes secrets dormaient au pied des citadelles et dans le creux des dunes.
La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent.
Le spectateur est là pour vivre deux heures avec nous et partager un autre temps, une autre histoire. Notre premier souci est de faire en sorte que le voile de l'ennui ne descende jamais sur lui et qu'il n'ait à aucun moment les fesses qui le démangent
Je vous écris ces mots pour que les maux s'évanouissent. Ma main vous caresse et s'encre parfois.
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Dans la même œuvre

L'amour, ça doit se lire tout de suite. Ce n'est pas une partie de cache-cache.
Il était prêt à faire et dire n'importe quoi pour tout effacer et recommencer sa vie de père et l'enfance de son garçon, mais il avait raté cette queue de singe au manège et elle ne repasserait plus.
Quel enfant n'a pas aimé trembler, la nuit sur les pentes herbeuses, à attendre le dahu, n'a pas chanté pour se donner du courage devant les monstres de l'imagi­naire, vaincre la peur en marchant bravement vers les ombres ?
Attraper le bonheur, c'est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filet. Tu précipites le filet sur lui et il s'abîme, c'est un bonheur gâché.
Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l'abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l'emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur les doigts, si tu le piques sur un bois il meurt. Il faut être comme l'arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule.