Je vous aime pour ce regard attentif, cette main sur la mienne, cette présence discrète, cet amour non dit, cette compréhension chaleureuse tout en vous démenant dans l'invisible pour me sortir de cette impasse. Merci doux fantôme de mes nuits et de mes jours, femme au chevet de mes incertitudes. Je vous aime, sans doute, mais comment le savoir. Amour, reflet de mon impuissance, de mon ignorance, qu'est ce que je sais de toi ? Que sais je de cet inaccessible ? J'ai confiance, vous êtes quelque part et j'aime déjà ce qui sommeille en vous car je crois beaucoup plus en ce qui nous échappe qu'en ce que nous croyons saisir.
❧
Sur la côte des naufrageurs, j'ai rêvé, enfant, ma vie d'homme comme un grand défricheur. Je cherchais les épaves au trésor. J'étais pirate autour d'un feu de bois flotté. Je regardais le ciel à l'envers dans les miroirs de lune. Au matin, je tenais le monde dans une poignée de sable que le vent éparpillait. Mes secrets dormaient au pied des citadelles et dans le creux des dunes.
◆
À lire aussi de Bernard Giraudeau
L'amour c'est regarder la lumière changer sur le visage de l'autre.
La violence est une absence d'amour.
Je crois beaucoup plus en ce qui nous échappe qu'en ce que nous croyons saisir.
Un port regarde la mer, forcément. Il attend les étraves, vous accueille à coeurs ouverts, vous protège. C'est un refuge cosmopolite.
Dans la même œuvre
L'amour, ça doit se lire tout de suite. Ce n'est pas une partie de cache-cache.
Il était prêt à faire et dire n'importe quoi pour tout effacer et recommencer sa vie de père et l'enfance de son garçon, mais il avait raté cette queue de singe au manège et elle ne repasserait plus.
Quel enfant n'a pas aimé trembler, la nuit sur les pentes herbeuses, à attendre le dahu, n'a pas chanté pour se donner du courage devant les monstres de l'imaginaire, vaincre la peur en marchant bravement vers les ombres ?
Attraper le bonheur, c'est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filet. Tu précipites le filet sur lui et il s'abîme, c'est un bonheur gâché.
Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l'abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la refermes pour l'emprisonner, il ne reste que de la poussière de bonheur sur les doigts, si tu le piques sur un bois il meurt. Il faut être comme l'arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule.