Me levant en ruisselant au milieu de la nuit, contaminé par l'effroi qui régnait perpétuellement entre nos murs, je réveillai un de ces deux parents. Une enfilade de coups s'ensuivait alors et tout le monde trouvait alors le sommeil.

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à 27 ans j'aimais les filles de 27 ans, et c'est toujours le cas. Je suis frappé d'une malédiction assez gidienne : je me comporte toujours comme un adolescent. Les femmes aiment bien les enfants mais nettement moins une autre catégorie : les adolescents. Quand tu es écrivain, tu as un côté enfant, ça c'est bien. Mais il y a un mauvais côté que les femmes ne te pardonnent pas, c'est d'être un adolescent
Un mec de talent est en concurrence avec les autres, alors qu'un génie n'est en concurrence qu'avec lui-même. On le voit avec Fischer aux échecs, qui a commencé à jouer contre lui-même quand il était petit. Il était alternativement du côté noir et du côté de blanc. Quand il était champion du monde, il a refusé de jouer contre Karpov car il estimait que son seul adversaire c'était lui ou Dieu.
Si j'avais milité pour la résurrection d'Hitler, j'aurais eu moins de problèmes je crois. J'ai, sans le savoir et sans le vouloir, touché un tabou de notre société : la peur de la mort et de la vieillesse
La présence des autres dans une salle de classe permet l'infini confort de la solitude: j'étais seul, mais entouré je me frottais au groupe comme un matou se frotte aux hommes (j'avais d'ailleurs la sensation, en ce lieu, d' habiter dans un chat) je pouvais mentalement m'isoler , pour vivre ailleurs et autre chose. Je pouvais gribouiller des signes m'essayer à la poésie découvrir en plissant les yeux jusqu'à ce que mes camarades se transforment en statues agitées des continents aberrants. Mes pensées envahissaient peu à peu l'espace; je devenais le personnage principal en ce paysage où les êtres confectionnaient mon décor .
La bêtise n'est pas le contraire de l'intelligence : elle en est l'autre côté de la médaille.
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J'aimais le soleil. J'aimais la pluie. J'aimais chaque nuage. J'aimais les arbres et les buissons de la cour. Mes « parents » m'eussent tué sur le coup s'ils l'avaient appris : mais je crois bien que j'aimais la vie.
Celui qui pense que la mort est le personnage dont la vie est le décor s'appelle un pessimiste ; celui qui pense que la vie est le protagoniste dont la mort est le paysage se nomme un optimiste.
Celui qui n'est point passionné est un homme mort ; il est une carpe qui sèche sur la pierre du bassin, se tordant de douleur sous les rayons du soleil d'août.
Tout est susceptible d'humilier un enfant ; la moindre remarque, la plus petite brutalité, un mouvement d'humeur, un geste violent peuvent s'inscrire à jamais dans sa chair, y gravant le texte de ses folies à venir, dont il sera le monomaniaque interprète et le jouet chevronné. Qui nous dit que la démence ne provient pas d'une humiliation de trop ?
Rien ne vaut la pédagogie ; elle détient le secret de la mise au monde des vocations.