Mais la sagesse des autres n'a jamais servi à rien. Quand arrive le cyclone - la guerre, l'injustice, l'amour, la maladie, le voisin -, on est toujours seul, tout seul, on vient de naître et on est orphelin.

À lire aussi de Amélie Nothomb

On peut rater sa vie à cause d'un seul mot.
Il n'est pas rare que le trajet le plus court pour prendre le pouvoir passe par la prison.
Les gens ne sont pas indifférents à l'extrême beauté : ils la détestent très consciemment. Le très laid suscite parfois un peu de compassion ; le très beau irrite sans pitié. La clef du succès réside dans la vague joliesse qui ne dérange personne.
Quand on tombe amoureux, on négocie après coup avec soi-même, histoire de voir si on s'autorise cette absurdité.
Les peuples tiennent à leurs ancêtres martyrs. C'est la seule aristocratie qui ne leur soit jamais contestée.
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Dans la même œuvre

Nous étions consternés. Surtout moi qui étais à l'origine de cette invasion - de ce déferlement de graisse sous notre toit.
Les livres aussi ce sont des voisins - des voisins de rêve, qui viennent chez vous seulement quand vous les appelez et s'en vont dès que vous ne voulez plus les voir.
Affronter un bavard est une épreuv, certes. Mais que faire de celui qui vous envahit pour vous imposer son mutisme?
On ne sait rien de soi. On croit s'habituer à être soi, c'est le contraire. Plus les années passent et moins on comprend qui est cette personne au nom de laquelle on dit et fait les choses.
Le cérémonial a toujours servi à se mettre du plomb dans la cervelle. Sans la grandiloquence des rites, on n'aurait de force pour rien.