Mais il eut l'intime conviction que les êtres humains ne naissent pas une fois pour toutes à l'heure où leur mère leur donne le jour, mais que la vie les oblige de nouveau et bien souvent à accoucher d'eux-mêmes.

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Nous sommes vieux, a-t-elle soupiré. L'ennui c'est qu'au-dedans on ne le sent pas, mais qu'au dehors tout le monde le voit.
Fasciné par une réalité immédiate qui lui apparut dès lors plus fantastique que le vaste univers de sa propre imagination, il se désintéressa dès lors complètement du laboratoire d'alchimie.
Il pensait que le monde irait plus vite si les vieillards étaient moins encombrants. Il dit : « L'humanité, comme une armée en campagne, avance à la vitesse du plus lent. » Il prévoyait un avenir plus humain et par là même plus civilisé, dans lequel les hommes seraient isolés dans des villes marginales.
Il devait lui apprendre à considérer l'amour comme un état de grâce qui n'était pas un moyen mais une fin en soi.
Il est plus facile de contourner les grandes catastrophes conjugales que les minuscules misères de tous les jours.
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C'était inévitable : l'odeur des amandes amères lui rappelait le destin des amours contrariées.
Il était encore trop jeune pour savoir que la mémoire du coeur efface les mauvais souvenirs et embellit les bons, et que c'est grâce à cet artifice que l'on parvient à accepter le passé.
Mais après la première nuit, Florentino Ariza préférait la tour de lumière d'où l'on apercevait la ville tout entière ainsi que le sillage lumineux des pêcheurs sur la mer et les marais lointains.
Dans la solitude du palais, elle apprit à le connaître, ils se découvrirent l'un l'autre, et elle comprit soudain, débordante de joie, que l'on aime ses enfants non parce qu'ils sont des enfants mais parce qu'en les élevant on devient leur ami.
Le problème de la vie publique, c'est d'apprendre à dominer la terreur, celui de la vie conjugale d'apprendre à dominer l'ennui.