Lire, c'est ajouter au livre, découvrir, en s'y penchant, son propre visage dans la fontaine de papier blanc.

À lire aussi de Christian Bobin

La lecture c'est la vie sans contraire, c'est la vie épargnée.
Je rêve de nommer la rose avec la langue qui est la sienne, et pas seulement avec les mots courants.
Pour être dans une solitude absolue, il faut aimer d'un amour absolu.
Un jaloux ne peut trouver la paix que dans la mort de ce qu'il aime: là, enfin, il est sûr de ce qu'il possède.
Je veux passer tous jardins clos, sauter tous murs de pierre, aller partout en beau désordre.
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Dans la même œuvre

J'attends d'un poème qu'il me tranche la gorge et me ressuscite.
Un grand musicien est quelqu'un qui donne après plusieurs années de travail ce que donne le rossignol au premier jet de son chant. Il y aura toujours une pluie pour jouer du clavecin ou un merle pour composer une fugue.
Les livres sont des huttes pour les âmes, des mangeoires pour les oiseaux de l'éternel, des points de résistance. Je tends une main de papier à des êtres invisibles.
J'ai dans la poche un exemplaire des Pensées de Pascal. J'emporte parfois ce livre en cas d'attente, de famine ou de guerre trop longue quelque part.
La beauté est de la digitaline pour le coeur.