Mais qu'est-ce que la littérature sinon une manipulation morose ou heureuse de la réalité ?
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Les vérités valent par la singularité de leur surgissement, beaucoup moins par l'universalisme supposé de leur rayonnement. Les vérités ne devraient pas vieillir.
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À lire aussi de Georges Picard
Non, le génie ne s'attrape pas. Il accable.
Rien de plus délicat que le dosage, le tamisage, l'affinage, le polissage et le pesage des mots. J'ai parfois l'impression qu'un livre sur deux est trop court et un livre sur deux trop long.
Mot hideux : hit-parade dont la fortune est à la mesure du ratatinement cérébral affectant des populations entières d'abrutis de tous âges, béant devant le succès et le fric rapides.
Bien entendu, la finalité d'une collection n'est pas d'être exhaustive, mais de tendre vers l'exhaustivité en espérant secrètement ne jamais l'atteindre.
Dans la même œuvre
On prétend que le pouvoir corrompt ceux qui l'approchent: en réalité, il ne fait qu'ouvrir les vannes de la compulsion morale à tendance sadique que chacun cultive, plus ou moins inconsciemment, en soi.
La plupart du temps, l'idée concrète que l'on se fait de la tolérance se distingue mal d'une attitude d'indifférence égoïste. A certaines périodes critiques, la tolérance devient même l'antichambre de la compromission et de la collaboration.
Tel est le but véritable de l'institution du débat médiatique : bétonner de part et d'autre les positions, compter les troupes et ragaillardir son monde en le rassurant sur le bénéfice d'une victoire à terme.
Le pouvoir rend l'homme fou, et folle la femme, d'une folie intériorisée, socialement acceptable et valorisante, et dont la principale manifestation consiste justement en cette revendication totalitaire : avoir toujours raison.
Pour maintenir l'humain à son niveau le plus bas, là où il ne risque pas de faire des vagues, rien ne vaut une organisation structurée avec des niveaux de pouvoir et des pions disciplinés capables de les exercer.