Le rire, un excellent cache-misère.
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Mot hideux : hit-parade dont la fortune est à la mesure du ratatinement cérébral affectant des populations entières d'abrutis de tous âges, béant devant le succès et le fric rapides.
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La disparition de la connerie télévisuelle semble aujourd'hui un pur sujet de science-fiction.
Sur dix idées publiques, huit ou neuf ont été imposées par matraquage. Seraient-elles vraies, nous ne les avons pas domestiquées nous-mêmes, ce sont elles qui nous ont assaillis de force. Comme disait un Ancien, un fou qui crie qu'il fait jour en plein jour n'en est pas moins fou. Répéter ce qui se dit, même si ce qui se dit est vrai, relève du simple psittacisme tant que l'on n'a pas décortiqué soi-même l'idée et essayé d'en vérifier le bien-fondé.
C'est l'importance du média en terme d'audience qui détermine la suprématie d'une opinion. N'importe quelle sottise cathodique émise entre vingt heures et vingt heures trente est plus crédible que la conclusion mûrie d'un colloque de spécialistes. Pourquoi plus crédible ? Parce que plus crue.
Seuls, les naïfs peuvent croire qu'une discussion vise à résoudre un problème ou à éclaircir une question difficile. En réalité, sa seule justification est d'éprouver la capacité des participants à désarçonner leur adversaire. L'enjeu n'est pas de vérité, mais d'amour-propre.
Dans la même œuvre
Parler, ne pas parler : quand on hésite, mieux vaut encore se taire.
Rousseau disait : l'homme naît bon ; je dis : l'homme naît con.
Le propre de la connerie est de ne pas se voir, de ne pas se savoir. Véritable drame dont on n'épuisera jamais le fond d'amertume.
Rien de con comme cette maxime de père de famille : « Crois en ce que tu fais ». Le début ou la fin ? de la philosophie serait plutôt de ne pas trop y croire, tout en faisant avec professionnalisme, humour et, si possible, aussi bien que n'importe qui.
Rien de plus délicat que le dosage, le tamisage, l'affinage, le polissage et le pesage des mots. J'ai parfois l'impression qu'un livre sur deux est trop court et un livre sur deux trop long.