Le propre de la connerie est de ne pas se voir, de ne pas se savoir. Véritable drame dont on n'épuisera jamais le fond d'amertume.

À lire aussi de Georges Picard

Il n'y a rien de plus profondément plaisant que de rire sans savoir pourquoi. C'est une grâce qui est refusée à ceux qui cherchent une cause à tout et finissent, tant pis, par la trouver. Ma philosophie du bonheur n'admet pas de cause. Être heureux parce que ceci ou parce que cela, ce n'est que du plaisir ou de la joie, ce n'est pas encore toucher par tous les pores de son être au bonheur gratuit d'être en vie.
La disparition de la connerie télévisuelle semble aujourd'hui un pur sujet de science-fiction.
C'est une sottise de croire qu'un charme puisse naître d'une volonté.
Qui peut soutenir que pour vivre profondément il soit nécessaire de se débarrasser de toute futilité ? La profondeur existentielle, ce n'est pas l'unilatéralisme du Sérieux et de la Raison, c'est la capacité à faire coexister en soi de façon heureuse les contradictions de la personnalité et de l'esprit.
La plupart du temps, l'idée concrète que l'on se fait de la tolérance se distingue mal d'une attitude d'indifférence égoïste. A certaines périodes critiques, la tolérance devient même l'antichambre de la compromission et de la collaboration.
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Parler, ne pas parler : quand on hésite, mieux vaut encore se taire.
Rousseau disait : l'homme naît bon ; je dis : l'homme naît con.
Rien de con comme cette maxime de père de famille : « Crois en ce que tu fais ». Le début ou la fin ? de la philosophie serait plutôt de ne pas trop y croire, tout en faisant avec professionnalisme, humour et, si possible, aussi bien que n'importe qui.
Rien de plus délicat que le dosage, le tamisage, l'affinage, le polissage et le pesage des mots. J'ai parfois l'impression qu'un livre sur deux est trop court et un livre sur deux trop long.
Le rire, un excellent cache-misère.