Les poèmes les plus surprenants surprennent d'abord par l'absence de surprises.

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Tu es une grande plaine parcourue de chevaux - Un port de mer tout entouré de myosotis - Et la rivière où le nageur descend - A la poursuite de ton image - Tu es l'algue marine et la plante sauvage.
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente - Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain - Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne - Par toutes ces prairies que tu portes en toi.
L'aéroplane est vieux, l'automobile est vieille - Seul le vrombrissement mélodieux d'une abeille - Est jeune...
On écrit d'abord pour se connaître, puis pour se reconnaître, enfin pour se disculper.
Penche toi à l'oreille un peu basse du trèfle - Avertis les chevaux que la terre est sauvée - Dis leur que tout est bon des ciguës et des ronces - Qu'il a suffi de ton amour pour tout changer.
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Dans la même œuvre

On écrit d'abord pour se connaître, puis pour se reconnaître, enfin pour se disculper.
J'aimerais assez cette critique de la poésie: la poésie est inutile comme la pluie.
J'écris pour des oreilles poilues, d'un amour obstiné qui saura bien, un jour, se faire entendre.
La poésie est inutile comme la pluie.
Je ne conçois pas de poésie sans un miracle d'humilité à la base.