J'écris pour des oreilles poilues, d'un amour obstiné qui saura bien, un jour, se faire entendre.

À lire aussi de René-Guy Cadou

La poésie est inutile comme la pluie.
Toute poésie tend à devenir anonyme.
L'aéroplane est vieux, l'automobile est vieille - Seul le vrombrissement mélodieux d'une abeille - Est jeune...
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente - Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain - Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne - Par toutes ces prairies que tu portes en toi.
Tu es une grande plaine parcourue de chevaux - Un port de mer tout entouré de myosotis - Et la rivière où le nageur descend - A la poursuite de ton image - Tu es l'algue marine et la plante sauvage.
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On écrit d'abord pour se connaître, puis pour se reconnaître, enfin pour se disculper.
J'aimerais assez cette critique de la poésie: la poésie est inutile comme la pluie.
La poésie est inutile comme la pluie.
Je ne conçois pas de poésie sans un miracle d'humilité à la base.
La solitude je la vois pour moi dans l'insignifiante compagnie des gens de lettres.