Œuvre
Hélène ou le règne végétal (1952)
L'aéroplane est vieux, l'automobile est vieille - Seul le vrombrissement mélodieux d'une abeille - Est jeune...
Je cherche surtout à mettre de la vie dans mes poèmes, à leur donner une odeur de pain blanc, un parfum de lilas, la fraîcheur d'une tige de sauge.
Tu es une grande plaine parcourue de chevaux - Un port de mer tout entouré de myosotis - Et la rivière où le nageur descend - A la poursuite de ton image - Tu es l'algue marine et la plante sauvage.
Mais je marche et je sais que tes mains me répondent - O femme dans le clair prétexte des bourgeons - Et que tu n'attends pas que les fibres se soudent - Pour amoureusement y graver nos prénoms.
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente - Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain - Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne - Par toutes ces prairies que tu portes en toi.