L'aéroplane est vieux, l'automobile est vieille - Seul le vrombrissement mélodieux d'une abeille - Est jeune...

À lire aussi de René-Guy Cadou

J'écris pour des oreilles poilues, d'un amour obstiné qui saura bien, un jour, se faire entendre.
Quand les portes s'ouvraient sur des villes légères - Où nous allions tous deux enlacés par les rues.
La solitude je la vois pour moi dans l'insignifiante compagnie des gens de lettres.
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente - Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain - Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne - Par toutes ces prairies que tu portes en toi.
Toute poésie tend à devenir anonyme.
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Dans la même œuvre

Je cherche surtout à mettre de la vie dans mes poèmes, à leur donner une odeur de pain blanc, un parfum de lilas, la fraîcheur d'une tige de sauge.
Tu es une grande plaine parcourue de chevaux - Un port de mer tout entouré de myosotis - Et la rivière où le nageur descend - A la poursuite de ton image - Tu es l'algue marine et la plante sauvage.
Mais je marche et je sais que tes mains me répondent - O femme dans le clair prétexte des bourgeons - Et que tu n'attends pas que les fibres se soudent - Pour amoureusement y graver nos prénoms.
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente - Tu demeures dans l'air comme une odeur de pain - Je t'attendrai cent ans mais déjà tu es mienne - Par toutes ces prairies que tu portes en toi.